South Park saison 27 : deux menaces de 2025 prises pour cibles dans une satire explosive

Image d'illustration. South ParkComedy Central / PR-ADN
La vingt-septième saison de South Park s’attaque avec humour à deux menaces contrastées attendues en 2025, poursuivant la tradition de satire mordante de la série animée à succès, toujours prête à tourner l’actualité en dérision.
Tl;dr
- La saison 27 de South Park multiplie les satires cinglantes.
- L’épisode « Wok is Dead » mêle humour noir, Labubus et politique.
- Les Labubus, inspirés de jouets chinois, symbolisent la folie consumériste.
Labubus : nouveaux monstres du consumérisme à South Park
Difficile de passer à côté du phénomène : la saison 27 de South Park s’offre un retour fracassant, renouant avec son art consommé du pastiche social. L’épisode « Wok is Dead », en particulier, s’aventure sur le terrain glissant des modes collectives et des tensions politiques, tout en convoquant une galerie de personnages toujours plus déjantés.
Au cœur de cette satire mordante, on retrouve les Labubus, ces créatures à grandes oreilles et dents acérées qui déchaînent les passions dans la petite ville du Colorado. Inspirés des véritables peluches vendues par l’enseigne chinoise Pop Mart, ces jouets deviennent ici le symbole d’une frénésie d’achat poussée à l’absurde : files d’attente interminables, marché noir florissant, prix gonflés… et même rituels sataniques improvisés dans les chambres d’enfant.
Satanisme et satire politique : quand Trump s’invite à la fête
Le ton change rapidement lorsque l’on découvre que chaque Labubu est « maudit », victime d’un sort très contemporain : les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump. Cette trouvaille scénaristique n’est pas anodine ; elle permet à l’épisode de tisser un parallèle grinçant entre l’économie mondialisée et la propagation du mal à grande échelle. Comme l’explique le fantasque Mr. Kim – patron du désormais défunt City Wok reconverti en pop-up store asiatique –, le « wok est mort » et la malédiction se transmet ainsi du gouvernement au vendeur puis à l’acheteur, sans que personne ne saisisse vraiment ce qui se trame.
On retrouve ici le goût de South Park pour les références lourdes : dans une séquence aussi irrévérencieuse qu’improbable, Donald Trump lui-même finit par engendrer une créature infernale avec Satan lors d’un rituel d’anniversaire qui tourne au chaos.
Une mécanique satirique bien huilée
Mais si cet épisode marque autant les esprits, c’est qu’il parvient à conjuguer l’esprit potache des premières saisons – ces instants où Butters tente simplement d’impressionner Red avec un cadeau – et la satire acide qui fait la renommée de la série. On rit franchement devant la scène où un groupe d’enfants débat sur l’authenticité de leurs Labubus avant de sombrer dans des querelles ou des incantations occultes dignes d’un film japonais.
Pour illustrer jusqu’où va cette dérive collective, quelques exemples frappants jalonnent l’épisode :
- Achat compulsif de Labubus ultra-rares à prix exorbitant.
- Batailles rangées entre enfants soupçonnant leurs rivaux d’avoir des contrefaçons.
- Sacrifices (faussement) démoniaques pour réveiller les pouvoirs cachés des peluches.
Punchlines et auto-dérision sur Paramount+
Avec son cocktail explosif d’humour gras et de critique sociale, cette nouvelle salve d’épisodes prouve que South Park n’a rien perdu de sa verve. La série – toujours disponible sur Paramount+ – n’hésite pas à égratigner toutes les figures du pouvoir actuel tout en recyclant habilement ses propres recettes : impossible de ne pas penser à l’épisode culte « Chinpokomon », où le Japon manigançait jadis via des jouets similaires. Un pied-de-nez bienvenu dans une ère où chaque mode semble plus insensée que la précédente.