Pourquoi Malfaisante cartonne malgré des critiques franchement mauvaises

Le nouveau film d’horreur de Blumhouse démarre fort au box-office malgré un accueil très mauvais. Un rappel utile sur la résistance du genre aux avis négatifs.

Malfaisante
Image d'illustration. Malfaisante — Blumhouse Productions / PR-ADN

En bref

  • Malfaisante (Other Mommy) ouvre très fort au cinéma
  • Critiques et public l’ont pourtant largement rejeté
  • L’horreur reste le genre le plus robuste

Voir un film se faire démonter presque partout, puis prendre la tête du box-office, ce n’est pas inédit. Mais pour Other Mommy, l’écart est assez brutal pour rappeler une chose simple, l’horreur obéit souvent à ses propres règles.

Un démarrage déjà rentable

Le nouveau long-métrage de Rob Savage, produit par Blumhouse et distribué par Universal, a démarré à environ 25 millions d’euros (27,5 millions de dollars) sur le marché domestique. À cela s’ajoutent environ 16 millions d’euros (17,6 millions de dollars) à l’international, soit un lancement mondial autour de 41 millions d’euros (45,1 millions de dollars).

Face à un budget annoncé d’environ 17 millions d’euros (19 millions de dollars), le film est déjà dans une zone très confortable. Pas besoin d’attendre longtemps pour comprendre pourquoi ce premier week-end est considéré comme une victoire.

Le vrai paradoxe, c’est l’accueil

Là où ça devient plus intéressant, c’est que le film n’a pas été porté par l’enthousiasme. Il affiche seulement 16% d’avis favorables sur Rotten Tomatoes, avec en plus un très mauvais D+ au CinemaScore. En gros, la critique n’a pas aimé, et le public non plus.

Même avec James Wan à la production, et Jessica Chastain en tête d’affiche, on pouvait imaginer un meilleur atterrissage critique. Un avis l’a même résumée en « film d’horreur fade », tout en notant que Jessica Chastain s’y lâche à fond. Sauf que, côté caisse, cela n’a presque rien changé.

L’horreur vend avant les critiques

Le point clé est sans doute là. Les spectateurs avaient visiblement décidé d’y aller avant la chute des embargos. La période d’Halloween aide, évidemment, et la campagne a vendu un récit psychologique inquiétant assez efficacement.

Le film suit la jeune Bela, incarnée par Arabella Olivia Clark, qui noue une relation avec une présence sinistre dans sa maison, présence qui ressemble de façon troublante à sa propre mère. Autour d’elle, on retrouve aussi Jay Duplass, Dichen Lachman et Karen Allen. Et puis il y a Jessica Chastain, déjà associée à l’horreur avec Mama et It Chapter Two. Le casting compte, quand même.

Un vieux réflexe du box-office qui résiste encore

Ce succès ne tombe pas de nulle part. Les slashers des années 1980 vivaient déjà très bien sans l’amour des critiques. Plus récemment, Five Nights at Freddy’s est devenu le plus gros carton de Blumhouse malgré de mauvaises critiques, et Five Nights at Freddy’s 2 a lui aussi dépassé les attentes.

La différence ici, c’est que le désaccord entre critiques et spectateurs semble beaucoup moins net. Et pourtant, le film devrait tout de même finir en succès, même s’il risque de chuter fortement dès son deuxième week-end. Après le streaming, après la pandémie, malgré des tendances qui bougent sans arrêt, l’horreur garde cette force rare, elle attire encore en salle avant même qu’on lui donne la permission d’être bonne.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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