Pourquoi le décor du QG des Men in Black ne pourrait plus jamais voir le jour

Image d'illustration. Men in BlackAmblin Entertainment / PR-ADN
Le tournage du film culte Men In Black a nécessité la construction d’un décor emblématique dont les matériaux utilisés poseraient aujourd’hui de sérieux problèmes. Les normes environnementales actuelles empêcheraient la reproduction d’un tel site.
Tl;dr
- Les décors de Men in Black utilisaient des matériaux toxiques.
- L’inspiration venait des aéroports des années 1960.
- Des méthodes moins dangereuses sont désormais privilégiées au cinéma.
Un décor culte inspiré par l’architecture du XXe siècle
Dans la mémoire collective, le film Men in Black, signé par Barry Sonnenfeld, est indissociable de ses décors emblématiques. Pour concevoir le quartier général de ces mystérieux agents, l’équipe artistique s’est tournée vers l’esthétique aérienne et futuriste des terminaux d’aéroport américains des années 1960. Plus précisément, c’est le style de l’architecte Eero Saarinen, célèbre pour son terminal à JFK, qui a guidé la main du chef décorateur Bo Welch. Sous sa houlette, les plateaux se sont métamorphosés en vastes espaces aux lignes audacieuses : colonnes argentées, passerelles en acier, effervescence constante entre humains et extraterrestres — tout concourait à recréer cette ambiance rétro-futuriste unique.
L’envers du décor : une technique désormais proscrite
Pour donner naissance à ces colonnes qui semblent tout droit sorties d’un rêve pop et industriel, l’équipe menée par Thomas Duffield, directeur artistique, a employé du polyester renforcé de fibre de verre, recouvert d’une peinture chromée particulièrement nocive. Le rendu était saisissant — mais le procédé lui-même bien plus risqué qu’il n’y paraît aujourd’hui. Dans une récente interview accordée à Inverse, Welch confiait sans détour : « [Les colonnes] mesuraient probablement dix mètres de haut… le fini métallique nécessitait de pulvériser un matériau horriblement toxique puis de le polir jusqu’à obtenir cet effet miroir parfait. » Un artisanat d’une autre époque, dont l’industrie s’est depuis détournée.
Nouvelles pratiques et reconnaissance différée
Cette technique dangereuse n’aurait plus droit de cité aujourd’hui. Comme l’expliquait encore Duffield, « dès lors, on a interdit cette méthode jugée trop dangereuse. » Les productions actuelles privilégient des matériaux et procédés bien moins nocifs pour les équipes. Ironie du sort : malgré ce travail colossal et innovant, Bo Welch n’a pas remporté l’Oscar cette année-là — c’est Titanic qui est reparti avec la statuette dorée.
Pourtant, le parcours du chef décorateur ne s’est pas arrêté là. Son engagement créatif lui a récemment valu une nomination aux Emmy Awards pour la série « Schmigadoon! », preuve que les belles idées traversent les époques… même si les moyens techniques évoluent.
Légende urbaine et humour extraterrestre
Rappelons enfin que Men in Black, sorti en pleine vague OVNI dans les années 1990, puisait dans les légendes urbaines pour imaginer une brigade secrète chargée de réguler la présence extraterrestre sur Terre. Entre mémoire effacée et armes extra-terrestres clinquantes, les aventures des agents J et K (incarnés par Will Smith et Tommy Lee Jones) ont marqué toute une génération. Mais derrière ces paillettes chromées se cachait aussi… un parfum tenace de solvants toxiques.