Paul Newman : un unique Emmy pour une minisérie HBO saluée mais méconnue

Image d'illustration. La Chute de l'EmpireHBO / PR-ADN
L’unique Emmy remporté par Paul Newman couronne sa performance dans une mini-série HBO saluée par la critique mais restée relativement discrète. Ce rôle marquant a offert à l’acteur une reconnaissance rare à la télévision, malgré sa carrière déjà légendaire.
Tl;dr
- Paul Newman remporte enfin un Emmy en 2005.
- « La Chute de l’Empire » séduit par son casting, mais reste oublié.
- Critiques mitigées sur le rythme et la narration.
Un casting de prestige pour une série tombée dans l’oubli
Difficile d’imaginer qu’une mini-série réunissant Paul Newman, Ed Harris, Philip Seymour Hoffman et Helen Hunt puisse sombrer dans l’anonymat. Pourtant, c’est bien ce qui est arrivé à La Chute de l’Empire (Empire Falls), adaptation du roman lauréat du Pulitzer de Richard Russo. Diffusée sur HBO en 2005 et réalisée par Fred Schepisi, cette fresque se déroule dans une petite ville du Maine, où le personnage principal, incarné par Ed Harris, tente de composer avec ses démons familiaux et la mainmise de la puissante Francine Whiting (campée par Joanne Woodward).
Dans ce décor feutré, Paul Newman, dont c’était le dernier rôle devant la caméra, incarne Max Roby : un père aussi débraillé qu’attachant, offrant à la fois cynisme piquant et tendresse envers sa famille. Les retrouvailles avec cet acteur au crépuscule de sa carrière touchent particulièrement ceux qui gardent en mémoire ses prestations mythiques, comme dans « Luke la main froide ».
Lenteur et subtilités : un accueil critique en demi-teinte
Pourtant, malgré ce plateau cinq étoiles et dix nominations aux Emmy Awards – dont seule celle de Newman fut récompensée –, l’œuvre n’a jamais vraiment trouvé son public. Plusieurs critiques se sont ainsi montrés dubitatifs face au rythme jugé trop lent et à la narration étirée. Certains observateurs pointaient du doigt une réalisation « maniérée, laborieuse et épuisante », même si les performances étaient régulièrement saluées pour leur justesse.
Il faut reconnaître que transformer une intrigue intimiste en trois heures de télévision relève d’un certain défi : si le scénario distille quelques « modestes pépites », selon Variety, il ne suffit pas toujours à maintenir l’attention sur toute la longueur.
L’éternelle quête de reconnaissance de Paul Newman
Ce détour télévisuel fut néanmoins l’occasion d’une consécration tardive pour le légendaire acteur. Malgré plusieurs nominations passées – notamment pour « The Shadow Box » ou « Our Town » –, c’est seulement avec Empire Falls qu’il décrocha enfin son premier Emmy, devançant notamment des pointures comme Christopher Plummer. On retiendra surtout que derrière la barbe hirsute de Max Roby se cachait encore l’éclat unique d’un immense interprète.
Pistes pour redécouvrir une œuvre singulière
Même si certains voient en Empire Falls un simple écho à « Nobody’s Fool », autre adaptation signée Russo avec Newman à l’affiche, la mini-série conserve aujourd’hui des défenseurs convaincus. Pour qui souhaite s’aventurer hors des sentiers battus des grands classiques HBO, elle reste disponible sur HBO Max : l’occasion rêvée de redécouvrir un pan discret, mais essentiel de la filmographie du géant américain.