Le spin-off de Yellowstone sur le Dutton Ranch triomphe là où Marshals a échoué

Image d'illustration. Dutton RanchParamount+ / PR-ADN
La nouvelle série dérivée de l’univers Yellowstone, centrée sur le Dutton Ranch, connaît un lancement prometteur. Elle parvient déjà à capter l’attention du public et à s’imposer là où la série Marshals avait peiné à convaincre.
Tl;dr
- « Dutton Ranch » surpasse déjà « Marshals » après deux épisodes.
- « Marshals » peine à trouver son identité narrative.
- Rivalité, tension et héritage dynamisent « Dutton Ranch ».
Deux spin-offs, deux trajectoires opposées
Si l’après-Yellowstone s’annonçait périlleux, Paramount n’a pas hésité à miser gros en lançant coup sur coup deux spin-offs : Dutton Ranch, porté par Kelly Reilly et Cole Hauser, et l’autre, le procédural Marshals, mené par Luke Grimes. Pourtant, après seulement quelques épisodes, l’écart de qualité saute aux yeux. Là où « Marshals » tâtonne, sa sœur cadette impose un souffle nouveau sans trahir l’héritage de la série mère.
L’intensité d’un vrai western moderne
Dès ses premiers instants, « Dutton Ranch » capte l’attention. La séquence inaugurale – un incendie forçant Beth, Rip et leur fils Carter à fuir leur ranch du Montana – impressionne autant par ses effets spéciaux que par sa capacité à cristalliser la fin d’une époque. Ce début puissant n’est pas qu’un clin d’œil nostalgique : il symbolise clairement le passage de flambeau entre générations. En face, « Marshals » ne réussit jamais à atteindre un tel degré de tension dramatique. L’apparition fugace d’un guest comme Chad Michael Collins y passe presque inaperçue tant la narration manque de consistance.
Narration éclatée contre construction solide
Ce contraste se vérifie aussi dans la gestion des personnages secondaires. Les deux séries mettent en avant des figures paternelles accompagnées d’un adolescent : Carter chez Beth et Rip, Tate chez Kayce Dutton. Or, si Carter s’impose d’emblée dans « Dutton Ranch », multipliant les scènes fortes – son mal-être au Texas ou son intervention lors d’une dispute –, Tate reste une silhouette absente dans « Marshals ». Plus largement, cette dernière série se disperse : nouveaux arcs jamais approfondis, antagonistes éphémères (le cas du « serial bomber ») et développement tardif du rival principal (Randall Clegg). À l’inverse, dès le premier épisode de « Dutton Ranch », l’arrivée de l’adversaire Beulah Jackson (Annette Bening) donne le ton.
Pour résumer, ce qui freine « Marshals », c’est ce manque de ligne directrice claire :
- Nouveaux personnages vite oubliés ou mal exploités ;
- Lenteur à installer les enjeux principaux ;
- Sensation persistante que la série ignore sa propre identité.
Un hommage réussi à l’esprit Sheridan ?
Malgré une audience fidèle qui a permis à CBS de renouveler très tôt « Marshals », la faiblesse du scénario commence à peser. Privée de la patte Sheridan – ce mélange habile entre émotion brute et extravagance –, la série peine à convaincre sur la durée. Au contraire, chaque réplique ciselée dans « Dutton Ranch » (« Trop près pour être rassurés, chérie. ») rappelle combien le style originel fait défaut ailleurs.
La promesse est donc tenue pour les fans : tandis que le premier spin-off s’égare déjà en chemin malgré sa popularité initiale, le second trace sa route avec assurance. Pour ceux qui veulent retrouver la tension et l’héritage des grandes heures du néo-western américain : « Dutton Ranch » est désormais disponible sur Paramount+.