Edward James Olmos : la raison qui aurait pu le pousser à quitter Battlestar Galactica

Image d'illustration. Edward James OlmosSyfy / PR-ADN
L’acteur emblématique du commandant Adama a négocié son entrée dans la série avec une méfiance assumée envers le genre.
Tl;dr
- Edward James Olmos accepte le rôle dans Battlestar Galactica à condition d’éviter les éléments de science-fiction jugés “bizarres” comme les monstres.
- Le projet s’inscrit dans un contexte où la SF télévisée souffre encore d’une image kitsch et d’une méfiance des acteurs.
- La série choisit finalement une approche réaliste et sombre, sans créatures extravagantes, ce qui change durablement la perception du genre.
Un acteur sur ses gardes face au genre
Dans les années 2000, rares étaient les comédiens de renom enclins à s’engager aveuglément dans une série de science-fiction. L’expérience d’Edward James Olmos, recruté pour incarner le commandant Adama dans la nouvelle version de Battlestar Galactica en 2003, illustre bien cette méfiance. Quand la production lui propose le rôle principal, l’acteur exige une clause libératoire très particulière dans son contrat. Pourquoi ? Un refus catégorique d’affronter à l’écran ce qu’il qualifie de « bizarre » : des monstres gigantesques ou des entités cosmiques loufoques.
En entretien avec AV Club, il détaille sa position : si jamais il se retrouve face à une quelconque absurdité science-fictionnelle, il n’hésitera pas, littéralement, à s’évanouir devant la caméra. « Vous devrez écrire : « Adama est mort d’une crise cardiaque ». Parce que je pars », raconte-t-il, mi-sérieux, mi-amusé.
Un passé encombrant pour la SF télévisée
Derrière cette exigence pointe un climat qui pesait alors sur le genre. La chaîne Sci-Fi Channel, diffuseur de Battlestar Galactica, traînait une réputation sulfureuse, issue de ses productions maison comme Farscape ou Lexx, où foisonnaient créatures excentriques et récits surréalistes. De plus, la série originale des années 1970 n’était pas étrangère aux excès du genre : voyages interstellaires ponctués de rencontres improbables et faune extraterrestre fantasque jalonnaient son scénario.
Ces expériences expliquent pourquoi Edward James Olmos, et même son collègue Jamie Bamber, ont hésité avant de rejoindre le projet. D’autant que, longtemps, œuvrer dans la science-fiction exposait les acteurs au risque du typecasting et à une certaine forme de stigmate professionnel.
L’assurance d’une science-fiction humaine
Heureusement pour Olmos, les showrunners lui apportent rapidement des garanties : « Nous nous rapprochons davantage de Blade Runner ». Là réside toute la nuance : pas question ici d’extraterrestres grotesques ; seulement des humains… ou presque. Si les Cylons rappellent les fameux replicants du film culte, aucun monstre tentaculaire ne viendra troubler l’univers de Galactica.
Voici quelques éléments qui ont marqué cette transition :
- Battlestar Galactica choisit le réalisme sombre au spectaculaire outrancier.
- L’accent est mis sur les dilemmes moraux plutôt que sur l’effet visuel.
- L’ensemble contribue à revaloriser durablement la SF télévisuelle auprès du grand public.
Un pari gagnant pour le genre
Après cinq saisons sans jamais croiser de créature démesurée, Olmos n’aura finalement jamais eu besoin d’activer sa clause fatidique. Au contraire : en rompant avec les codes faciles et en misant sur une approche mature du genre, Battlestar Galactica aura contribué à lever bien des préjugés entourant la science-fiction télévisée… ouvrant ainsi la voie à une nouvelle légitimité artistique.