Michael Fassbender a failli abandonner ce film qui lui a valu une nomination aux Oscars

Image d'illustration. Steve Jobs Michael FassbenderManagement 360 / PR-ADN
Alors qu’il tenait un rôle marquant dans un drame salué par la critique, Michael Fassbender a envisagé d’abandonner le tournage du film qui lui vaudra pourtant une nomination aux Oscars, révélant la difficulté de ce projet intense.
Tl;dr
- Fassbender a douté de sa place dans « Steve Jobs ».
- Le script dense de Sorkin l’a mis en difficulté.
- Son interprétation reste saluée malgré les défis rencontrés.
L’acteur face à ses doutes
Difficile d’évoquer la carrière de Michael Fassbender sans penser à ses prestations remarquées. Qu’il incarne un critique coincé devenu soldat britannique dans le « Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino, le magnétique Magneto des « X-Men », ou encore l’androïde troublant de « Prometheus », Fassbender ne laisse personne indifférent. Pourtant, c’est pour son rôle dans « Steve Jobs » que l’Academy lui offre une nomination à l’Oscar du meilleur acteur en 2015, consacrant ainsi un sommet professionnel, peu après sa performance marquante dans « 12 Years a Slave ».
Sorkin : le défi du texte
Mais si l’on interroge directement Fassbender, ce tournant fut loin d’être serein. Lors du festival de Toronto en 2016, il avoue avoir tout fait – même en plaisantant – pour se dérober au rôle. Pourquoi ? Le script signé Aaron Sorkin. Jamais mauvaise, mais redoutablement dense, la partition imposait à l’acteur un rythme effréné et une quantité d’informations vertigineuse. Dans ses mots : « Pendant les répétitions, je cherchais comment m’en sortir. J’ai même dit à mon chauffeur : ‘Si je mets mon bras dans la portière, referme-la pour me casser le bras – ça me dispenserait du film.’ »
L’exigence d’une écriture hors norme
Il faut dire que la réputation du scénariste n’est plus à faire. Après « The Social Network », Sorkin réitère avec « Steve Jobs » cette verve faite de dialogues rapides et ciselés, souvent livrés à toute allure façon screwball comedies hollywoodiennes. Cette exigence n’épargne pas les comédiens :
- Mémorisation complexe de longs monologues ;
- Nécessité d’une synchronisation parfaite entre partenaires ;
- Dynamique scénique soutenue pour rythmer les échanges.
La mise en scène finale ne trahit rien des difficultés surmontées : dans la séquence-clé opposant Jobs (Fassbender) et John Scully (interprété par Jeff Daniels), les répliques s’entremêlent si rapidement qu’elles deviennent une sorte de partition musicale, au diapason avec la bande originale de Daniel Pemberton.
Bilan d’un pari risqué mais payant
Ironie du sort, c’est ce rôle redouté qui aura valu à Fassbender sa deuxième reconnaissance aux Oscars. En dépit des obstacles — et peut-être grâce à eux — il impose son empreinte sur une œuvre exigeante où la parole devient virtuosité pure. À bien y réfléchir, le parcours de Fassbender illustre cette capacité rare : transformer le doute en éclat cinématographique durable.