En bref
- Nvidia investit 3,5 milliards de dollars dans MediaTek pour garder la main sur l’IA.
- Avec NVLink Fusion, Nvidia veut rester indispensable dans les data centers.
- Nvidia cherche désormais à imposer son infrastructure comme standard.
Les géants de la tech veulent leurs propres puces IA. Nvidia, lui, a choisi de transformer cette menace en business. Le groupe de Jensen Huang investit 3,5 milliards de dollars dans MediaTek, avec une idée très simple, et franchement redoutable, garder la main sur l’architecture des data centers même si tout le monde finit par concevoir ses ASIC maison.
Le plan de Nvidia : rester au centre même sans tout fabriquer
Depuis des mois, Amazon, Google, Microsoft, OpenAI ou encore Anthropic poussent leurs propres puces pour moins dépendre des GPU de Nvidia. Le pari de Nvidia, c’est donc de céder un peu de terrain sur le silicium personnalisé, mais de verrouiller le reste, l’interconnexion, les racks, l’infra. C’est là que se joue la partie.
Dion Harris, directeur senior HPC et infrastructures IA pour hyperscalers chez Nvidia, résume la ligne de la boîte ainsi : « Nvidia est une entreprise d’infrastructure IA ». Et ce n’est pas qu’une formule. Bon, ça raconte très bien le virage du groupe.
MediaTek entre dans le club via NVLink Fusion
Grâce à ce partenariat, MediaTek va utiliser la technologie de Nvidia pour concevoir des puces sur mesure destinées aux entreprises IA et aux hyperscalers, tout en les branchant directement dans des data centers bâtis autour de l’écosystème Nvidia.
Le morceau clé, c’est NVLink Fusion. Avec NVLink, même des puces qui ne sont pas signées Nvidia peuvent communiquer rapidement entre elles. Dion Harris explique en gros que presque chaque cloud et chaque créateur de modèles déploie déjà la plateforme Nvidia sous une forme ou une autre, et que MediaTek pourra ainsi proposer à ses clients une extension compatible avec cette même base standardisée.
Un schéma déjà vu avec Amazon Web Services
Ce deal ne sort pas de nulle part. La semaine dernière, Nvidia avait déjà annoncé un partenariat du même genre avec Amazon Web Services, sans prise de participation directe cette fois. AWS doit ajouter 2 millions de GPU Nvidia dans son infrastructure, tout en intégrant aussi NVLink Fusion.
Le message est limpide, Nvidia finance, connecte, équipe, puis récupère tout ça dans son propre écosystème. Une boucle bien huilée.
Au-delà des serveurs, le duo garde aussi un pied dans le PC et l’auto
L’accord couvre aussi d’autres terrains. MediaTek, fort de son expérience dans les puces pour smartphones, maison connectée, automobile et communications sans fil, va continuer à travailler avec Nvidia sur DGX Spark, le petit ordinateur IA de bureau pour développeurs, ainsi que sur RTX Spark, la poussée de Nvidia vers les PC IA grand public.
Même logique côté voiture. Les deux groupes poursuivent le développement de plateformes pour véhicules définis par logiciel et dopés à l’IA. Les solutions auto de MediaTek s’appuient déjà sur les graphismes RTX pour les cockpits intelligents et sur Drive AGX pour les charges liées à la conduite autonome.
Pourquoi c’est important pour la suite ?
MediaTek n’a pas détaillé publiquement quels clients il vise pour ses puces IA personnalisées. Mais il avance. En juin, l’entreprise disait viser 2 milliards de dollars de revenus en 2026 sur cette activité d’ASIC pour data centers.
Et c’est là que l’opération devient intéressante. Nvidia ne cherche plus seulement à vendre ses propres puces, il veut que tout passe par sa pile technique. Jensen Huang l’a dit ainsi : « L’IA transforme chaque plateforme informatique, des plus grandes usines d’IA jusqu’au PC et à la voiture ». Clairement, le patron ne parle pas juste de hardware. Il parle de contrôle du terrain.