Marvel au cinéma : quand les budgets explosent sans assurer le succès

Image d'illustration. MarvelMarvel / PR-ADN
Malgré des budgets colossaux, les derniers films Marvel peinent à rentabiliser leurs coûts.
Tl;dr
- Les blockbusters hollywoodiens dépensent des sommes colossales sans garantir le succès au box-office.
- Le MCU illustre une inflation inquiétante des budgets, avec des films comme Eternals ou The Marvels qui peinent à rentabiliser leurs coûts.
- Des voix comme celle de Kumail Nanjiani dénoncent le gaspillage sur les plateaux et appellent à une rationalisation pour préserver l’avenir du cinéma à gros budget.
Le revers des blockbusters hollywoodiens
Depuis quelques années, l’industrie cinématographique américaine, et en particulier Hollywood, fait face à une crise silencieuse mais profonde. Les grands studios multiplient les productions aux budgets colossaux, sans garantie de retour sur investissement. Des exemples récents illustrent ce phénomène : Disney a déboursé quelque 300 millions de dollars pour Indiana Jones and the Dial of Destiny, un film qui n’a guère rencontré le public escompté. Même scénario du côté de Fast X, avec ses 340 millions dépensés avant même la promotion, pour finalement générer environ 705 millions dans le monde, soit un équilibre financier fragile, au mieux.
L’inflation des budgets Marvel : une spirale inquiétante
Du côté du Marvel Cinematic Universe, le constat est similaire, voire plus alarmant. Si les signaux étaient déjà perceptibles avant la fin de la « Phase Trois » — marquée par l’apothéose d’Avengers: Endgame, la situation s’est nettement dégradée après 2019. Les sorties suivantes affichent des recettes en berne, tandis que les coûts continuent d’exploser. Le cas du film Eternals est révélateur : produit pour près de 273 millions de dollars, il a récolté seulement 402 millions au box-office mondial. Or, lorsque l’on soustrait la part récupérée par les salles et l’addition salée du marketing, difficile d’y voir autre chose qu’un échec commercial pour Marvel Studios. La situation ne s’arrange pas avec les dernières sorties comme The Marvels, qui n’a engrangé que 197 millions pour un coût estimé à 220 millions.
Kumail Nanjiani : témoin privilégié d’un certain gaspillage
Interrogé lors du podcast « We Might Be Drunk », l’acteur Kumail Nanjiani, interprète de Kingo dans Eternals, a livré un témoignage sans détour sur le train de vie offert aux acteurs durant le tournage : « C’est ce qu’il y a de génial… Le budget est insensé ». Entre appartement luxueux, chauffeur privé disponible à tout moment et repas personnalisés cinq fois par jour — chaque acteur bénéficiant d’un suivi nutritionnel sur-mesure —, difficile de ne pas s’interroger sur la part de ces dépenses dans l’envolée des budgets.
Nanjiani va plus loin et résume ainsi son expérience : « Sur les plateaux on voit combien d’argent est gaspillé… Tant d’argent ! Pourquoi faut-il autant pour réaliser quelque chose qui paraît parfois si médiocre ? ». Un questionnement partagé par nombre d’observateurs face à cette inflation permanente.
Des ajustements nécessaires pour sauver le MCU ?
Face à cette dérive budgétaire généralisée, certains points mériteraient une remise à plat urgente :
- Rationalisation des dépenses liées au confort des équipes.
- Réduction du recours systématique aux reshoots coûteux.
- Maitrise accrue des coûts marketing.
Si rien ne change rapidement, la trajectoire du MCU, naguère invincible au box-office mondial, risque fort de rester sur cette pente glissante. L’industrie n’échappera pas à une introspection salutaire si elle espère renouer durablement avec le succès populaire et critique qui fut jadis sa marque de fabrique.