Les États-Unis pourraient freiner le développement des IA les plus puissantes

Bernie Sanders pousse un texte très dur contre la superintelligence artificielle. ChatGPT n’est pas menacé tout de suite, mais la suite oui.

Intelligence artificielle
Image d'illustration. Intelligence artificielle — ADN

En bref

  • Une proposition de loi portée par Bernie Sanders vise à interdire la superintelligence artificielle aux États-Unis, sans imposer de restriction immédiate aux chatbots actuels comme ChatGPT.
  • Le texte prévoit un contrôle fédéral renforcé des modèles d’IA avancés, avec des autorisations obligatoires et de lourdes sanctions pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison.
  • Cette initiative pourrait ralentir la course à l’IA et raviver le débat politique entre sécurité technologique et compétitivité américaine.

ChatGPT ne va pas être coupé demain matin aux États-Unis. En revanche, le prochain palier de l’IA, celui des modèles plus autonomes, plus capables et clairement plus ambitieux, pourrait se retrouver sous verrou si la proposition portée par Bernie Sanders avance au Congrès. Et là, on parle d’un vrai coup de frein.

Pas de panique pour ChatGPT, mais un sérieux coup de frein

Aujourd’hui, les utilisateurs de ChatGPT, Claude ou Gemini n’ont aucune nouvelle restriction à subir. Le texte n’est pas une loi, il a été déposé en septembre et il reste en commission.

Mais le point important est ailleurs. Le projet vise surtout les modèles avancés à venir, ceux qu’OpenAI, Google ou Anthropic développent pour mieux raisonner, gérer des tâches compliquées et gagner en autonomie. Si le texte passait, leur sortie pourrait être ralentie par des examens fédéraux. Pour l’industrie, ce n’est pas un détail.

Le cœur du texte, interdire la superintelligence

Le nom du projet donne le ton, Ban Artificial Superintelligence Act of 2026. L’idée, c’est une interdiction permanente de la Super Intelligence Artificielle, ou ASI.

Dans la définition retenue, on ne parle pas juste d’un chatbot plus malin. Il s’agit d’un système capable de dépasser l’humain sur la plupart des tâches intellectuelles. Le texte va encore plus loin en visant aussi des systèmes assez puissants pour planifier et exécuter des actions pouvant détruire l’humanité ou retirer aux humains le contrôle. Oui, le niveau d’alerte est maximal.

Développer, déployer, acquérir ou distribuer ce type de système serait interdit. Certaines IA montrant des capacités jugées dangereuses, même sans relever pleinement de l’ASI, seraient aussi concernées.

Un nouveau ministère, des autorisations et jusqu’à 20 ans de prison

Le passage le plus costaud, c’est sans doute la création d’un Department of Artificial Intelligence, un ministère à part entière. Il surveillerait le développement des IA avancées, imposerait des règles de sécurité et inspecterait les modèles les plus puissants avant leur sortie.

Les entreprises devraient obtenir une autorisation gouvernementale pour développer ou distribuer certains modèles. Et ce même ministère pourrait ordonner qu’une IA jugée dangereuse soit déconnectée d’internet, modifiée, voire rendue inopérante.

Côté sanctions, ça cogne fort. Certains décideurs d’entreprise, mais aussi des individus extérieurs, risqueraient des amendes et jusqu’à 20 ans de prison en cas de violation jugée imprudente. Une société pourrait aussi perdre son autorisation d’exercer, avec confiscation possible d’actifs et de propriété intellectuelle. Clairement, le texte ne fait pas semblant.

Pourquoi ce débat va vite devenir politique ?

Pour Bernie Sanders, le moment du simple avertissement est passé. Il a résumé sa position ainsi : « Quand vous foncez vers une falaise, vous ne levez pas simplement le pied de l’accélérateur. Vous appuyez sur les freins ».

Le texte prévoit même des accords internationaux pour éviter qu’une ASI soit développée hors des États-Unis. Sauf que la ligne défendue par l’administration Trump met plutôt l’accent sur la compétitivité américaine dans la course à l’IA. Bref, le vrai sujet est là, jusqu’où Washington accepte de laisser l’IA devenir puissante avant d’intervenir.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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Bernie Sanders États-Unis (USA) Intelligence artificielle Loi

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