Les échecs d’Avengers: L’Ère d’Ultron ont offert à Marvel une leçon précieuse

Image d'illustration. Avengers L'Ère d'UltronMarvel / PR-ADN
Le second opus des Avengers, Age of Ultron, a déçu une partie du public et de la critique, poussant Marvel à réévaluer sa stratégie. Ces erreurs ont permis au studio d’ajuster son approche pour les films suivants du MCU.
Tl;dr
- « L’Ère d’Ultron » a poussé Marvel à revoir ses suites.
- Le film a reçu un accueil critique mitigé malgré son succès.
- Depuis, Marvel cherche une vraie justification narrative pour chaque suite.
Un tournant inattendu pour Marvel Studios
Alors que le premier « Avengers » avait bouleversé le cinéma de divertissement avec des recettes mondiales dépassant les 1,5 milliard de dollars, l’arrivée de « Avengers : L’Ère d’Ultron » se présentait comme une évidence, dans une industrie en pleine effervescence. Pourtant, si le film réalisé par Joss Whedon s’est imposé comme un autre triomphe commercial — plus de 1,4 milliard récolté — l’expérience en coulisses et la réception critique ont laissé un goût d’inachevé chez Marvel Studios. Un moment charnière, qui allait influencer toute la stratégie du studio pour les années suivantes.
Des ambitions trop élevées ?
Dans « The Story of Marvel Studios: The Making of the Marvel Cinematic Universe », on découvre sans détour combien la pression pesait sur les épaules de Whedon. Concilier d’innombrables arcs narratifs du MCU, tout en renouvelant la surprise après l’immense succès du premier opus… Le réalisateur confie lui-même : « There are parts of it where I’m like, ‘That could have been better.’ But don’t get me wrong, there are parts of it where I think, ‘That’s exactly where it needs to be.’ I look at the conflict, and it’s hard to deal with sometimes. And then I look at the movie and I’m like, ‘Everything that I was trying to say, it’s all here.’ » Un témoignage lucide sur le tumulte vécu lors de cette superproduction tentaculaire.
L’impact sur la politique des suites chez Marvel
Face à cette expérience éreintante – que même Kevin Feige, grand patron du studio, n’a jamais minimisée –, il a fallu repenser les fondements mêmes des suites chez Marvel. Finis les enchaînements mécaniques dictés par le box-office : chaque projet devait désormais justifier son existence au-delà du simple spectacle. La maison-mère a donc décidé d’établir des critères plus exigeants pour poursuivre une franchise. Les producteurs insistaient dorénavant sur :
- Une progression narrative réelle pour chaque personnage majeur ;
- L’introduction de nouveaux enjeux émotionnels ou sociétaux ;
- L’obligation d’éviter la simple redite ou le prétexte commercial.
Ce virage s’est illustré dans les films suivants. Qu’il s’agisse de l’hommage vibrant à Chadwick Boseman dans « Black Panther: Wakanda Forever », du souffle épique de « Infinity War » et « Endgame », ou encore du choix d’offrir enfin à Sam Wilson son propre film Captain America : tous ont répondu à ce nouveau cahier des charges.
Bilan contrasté mes nouvelle exigence narrative
Certes, tout n’a pas été couronné de succès depuis : des titres récents comme « The Marvels » ou « Captain America: Brave New World » n’ont pas rencontré leur public attendu. Pourtant, cette volonté affirmée de donner un sens profond à chaque suite reste aujourd’hui une ligne directrice assumée chez Marvel. Finalement, « L’Ère d’Ultron » apparaît comme ce point d’inflexion majeur où le studio s’est promis qu’à l’avenir, rien ne serait laissé au hasard.