En bref
- Meta risque une sanction colossale dans un procès sur la sécurité des mineurs.
- Les États accusent Facebook et Instagram d’avoir favorisé l’addiction et violé la vie privée des enfants.
- Une défaite pourrait forcer Meta à modifier ses plateformes et fragiliser sa défense dans d’autres procès.
1400 milliards de dollars. C’est le plafond évoqué par Meta elle-même avant l’ouverture de son nouveau procès fédéral à Oakland, en Californie. Même si la juge a déjà jugé ce chiffre déraisonnable, on comprend tout de suite pourquoi ce dossier n’est pas une formalité.
Une facture potentielle qui donne le vertige
Meta retourne donc au tribunal après avoir raté, la semaine dernière, une ultime tentative pour faire enterrer l’affaire. Le dossier sera examiné par la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers, et il peut déboucher sur des pénalités record.
Les États n’ont pas publiquement détaillé la somme qu’ils comptent réclamer. Mais dans un document judiciaire, Meta affirme qu’ils visent jusqu’à 1400 milliards de dollars, un montant que l’entreprise juge totalement hors sol. La juge, selon des propos rapportés par Law360, n’a pas non plus validé l’autre extrême, l’estimation de Meta à environ 4 millions de dollars. Résultat, la bataille s’annonce sale aussi sur les chiffres.
Ce que les États reprochent vraiment à Meta
L’affaire remonte à une plainte déposée en 2023 par des dizaines d’États américains. Leur accusation tient en deux blocs. D’un côté, Meta aurait conçu volontairement des fonctions addictives et trompé le public sur la sécurité de ses applis. De l’autre, la société aurait enfreint la loi COPPA sur la vie privée des enfants.
Concrètement, Californie, New Jersey, Colorado et Kentucky accusent le groupe d’avoir violé leurs lois de protection des consommateurs. Eux, plus 25 autres États, soutiennent aussi que Facebook et Instagram savaient accueillir des utilisateurs de moins de 13 ans, tout en collectant leurs données sans autorisation parentale. Là, on ne parle plus d’un simple débat sur le temps d’écran.
Pourquoi une nouvelle défaite ferait très mal ?
Le vrai problème pour Meta, c’est l’effet domino. L’entreprise fait déjà face à des milliers d’autres plaintes autour de la sécurité des utilisateurs et de l’impact de ses plateformes sur la santé mentale des ados.
Cette année, des jurys à Los Angeles et au Nouveau-Mexique ont déjà rendu des verdicts défavorables au groupe, qui a promis de faire appel dans les deux affaires. Une nouvelle claque affaiblirait sa défense ailleurs, clairement. Et l’addition grimpe vite, avec 2,4 milliards de dollars de frais juridiques sur le seul deuxième trimestre 2026.
Un procès très observé, avec Mark Zuckerberg en première ligne
Le procès doit durer environ six semaines. Fait intéressant, le jury de huit personnes n’aura qu’un rôle consultatif. La décision finale, sur le verdict comme sur les pénalités, reviendra entièrement à la juge.
Et il y aura sans doute du lourd à la barre. D’après Reuters, Mark Zuckerberg et le patron d’Instagram, Adam Mosseri, devraient témoigner. Lors d’un autre procès en février à Los Angeles, Zuckerberg avait expliqué qu’Instagram devait être « utile », pas addictif. Bon, c’est exactement ce que ce nouveau procès va tester. L’audio de l’audience sera diffusé en direct sur la chaîne YouTube du tribunal.