Le film Backrooms révèle que cette série culte d’horreur est arrivée dix ans trop tôt

Image d'illustration. BackroomsA24 / PR-ADN
L’adaptation cinématographique de Backrooms remet en lumière l’influence durable d’une série d’horreur télévisée saluée par la critique, démontrant qu’elle aurait trouvé un public plus large si elle était sortie dix ans plus tard.
Tl;dr
- « Channel Zero » a adapté des légendes urbaines internet avant l’heure.
- Le film « Backrooms » d’A24 marque une reconnaissance de ces récits.
- Les jeunes réalisateurs transforment la culture horrifique avec l’esthétique web.
Quand la peur numérique gagne ses lettres de noblesse
À l’heure où le cinéma d’horreur s’efforce de se renouveler, la future adaptation par A24 du phénomène viral « Backrooms » apparaît comme un tournant. Ce projet, porté par le jeune cinéaste Kane Parsons, issu de YouTube, promet d’apporter sur grand écran l’esthétique si singulière des récits d’horreur nés sur internet. Ce mouvement, déjà amorcé par des œuvres comme « Skinamarink » ou encore « I Saw the TV Glow », souligne à quel point une nouvelle génération de réalisateurs s’empare du folklore numérique pour en faire un langage cinématographique à part entière.
L’héritage sous-estimé de Channel Zero
Pourtant, avant que ces expérimentations ne séduisent le grand public, une série avait déjà ouvert la voie : « Channel Zero ». Diffusée dès 2016 sur Syfy, cette anthologie orchestrée par Nick Antosca proposait chaque saison une adaptation d’une célèbre Creepypasta. Ces courts récits horrifiques, circulant librement sur les forums et réseaux sociaux, ont donné naissance à des figures mythiques du web comme Slender Man. Or, « Channel Zero » puisait dans cet univers bien avant que le cinéma ne s’en empare vraiment.
La première saison, inspirée par « Candle Cove » de l’auteur et vidéaste Kris Straub, suivait un groupe d’adultes hantés par les souvenirs d’une émission télévisée disparue — un récit qui fait écho au regard nostalgique porté aujourd’hui sur les médias de notre enfance. Avec un score impressionnant de 86 % sur Rotten Tomatoes, la série fut saluée pour son audace et sa créativité.
Creepypastas et séries anthologiques : un cocktail détonnant, mais trop en avance ?
Le format anthologique d’« Channel Zero » rappelait les grands classiques tels que « The Twilight Zone », tout en explorant des territoires inédits. Chaque nouvelle saison plongeait dans une intrigue distincte :
- Saison 2 : Adaptation libre du terrifiant « No-End House », centré sur une maison aux cauchemars progressifs ;
- Saison 3 : Deux sœurs affrontent des disparitions mystérieuses dans « Butcher’s Block » ;
- Saison 4 : Un couple découvre une porte cachée et l’inquiétant « Pretzel Jack » dans « The Dream Door ».
Malgré une qualité constante — la quatrième saison affiche même un score critique de 88 % — la série n’a pas rencontré le succès commercial escompté et a été annulée en janvier 2019.
L’avenir des légendes urbaines numériques à l’écran ?
Aujourd’hui, alors que le cinéma mainstream semble prêt à accueillir pleinement cette esthétique forgée en ligne, on pourrait presque regretter que « Channel Zero » soit arrivé trop tôt. Mais l’engouement actuel autour du film « Backrooms » laisse espérer un nouveau chapitre pour ces créations hybrides. Peut-être même qu’un retour sous une autre forme n’est pas totalement exclu… Comme souvent avec les légendes urbaines, rien ne disparaît jamais vraiment.