La saison 5 de Stranger Things se confronte toujours au défi majeur posé par Vecna depuis la saison 4

Image d'illustration. Vecna Stranger ThingsNetflix / PR-ADN
La cinquième saison de Stranger Things reprend là où s’était arrêtée la précédente, avec la menace persistante de Vecna. La série maintient ainsi la tension autour de cet ennemi central, dont l’influence continue de peser sur Hawkins.
Tl;dr
- Le retour de Vecna divise les fans.
- La série privilégie la franchise au mystère d’origine.
- Les retcons ternissent l’héritage de la saison 1.
Le virage Vecna : fracture dans la communauté des fans
Difficile de ne pas ressentir une pointe d’amertume en évoquant la trajectoire prise par Stranger Things. Alors que la saison 5 vient tout juste de dévoiler ses cinq premiers épisodes, l’introduction en force du personnage de Vecna continue de secouer une base de fans historiquement soudée. Pour beaucoup, cette figure antagoniste cristallise un malaise latent depuis plusieurs saisons : celui d’un glissement progressif du mystère initial vers un récit calibré pour le grand spectacle et la rentabilité.
Quand le besoin de franchise efface la magie originelle
À mesure que l’intrigue avance, difficile d’ignorer que Stranger Things emprunte désormais les codes des franchises à succès type Star Wars. La comparaison n’est pas anodine : tout comme le retour improbable de Palpatine dans « The Rise of Skywalker » avait suscité l’incompréhension, la réapparition soudaine et omniprésente de Vecna — présenté rétroactivement comme le maître du jeu depuis le début — pose question. La série semble sacrifier sa part d’ombre et son « eldritch horror » pour s’aligner sur un modèle où chaque saga doit posséder son « Big Bad ». Il n’est pas rare d’entendre dans les cercles de discussion que ce choix sert surtout à garantir spin-offs, produits dérivés et autres déclinaisons à succès.
L’héritage menacé par les réécritures scénaristiques
En revisitant les événements fondateurs — jusqu’à transformer l’enlèvement de Will Byers en saison 1 en étape du plan machiavélique de Vecna —, les scénaristes prennent le risque d’altérer ce qui avait fait la force originelle du show. L’apparition des pouvoirs psychiques de Will lors du final du quatrième épisode illustre parfaitement ce sentiment : là où certains spectateurs y voient un climax attendu, d’autres y lisent l’effacement progressif de ce mélange singulier d’émotion, de suspense et de simplicité qui définissait jadis Hawkins.
Si l’on résume les critiques fréquemment formulées par les nostalgiques, on retrouve :
- Dilution du mystère au profit d’un antagoniste trop exposé.
- Sacrifices narratifs imposés par l’ambition transmedia.
- Dénaturation des liens familiaux, piliers des débuts.
L’espoir ténu d’une conclusion satisfaisante
Restent quatre épisodes pour convaincre — ou désespérer — ceux qui regrettent déjà cette époque où chaque silhouette inquiétante semblait annoncer mille possibilités. Peut-être que la magie opérera à nouveau lors du final ; peut-être aussi que cette ultime bataille évoquera davantage une superproduction qu’un conte intimiste. Quoi qu’il en soit, nombreux sont ceux qui espèrent retrouver, ne serait-ce qu’un instant fugace, l’éclat brut et sincère qui avait propulsé Stranger Things au rang d’icône culturelle.