Il y a 40 ans, un film Star Wars oublié bouleversait toute une génération sans passer au cinéma

Image d'illustration. Ewoks : The Battle for EndorLucasfilm / PR-ADN
Il y a quarante ans, un téléfilm issu de l’univers Star Wars bouleversait les téléspectateurs par sa tonalité sombre et ses scènes marquantes. Resté absent des salles de cinéma, il a pourtant profondément marqué toute une génération de fans.
Tl;dr
- « The Battle for Endor » : film Star Wars sombre oublié
- Tonalité inattendue : mort, violence, ambiance plus mature
- Expérimentation télévisuelle de Lucas, disponible sur Disney+
Un chapitre méconnu et sombre de l’univers Star Wars
Depuis près d’un demi-siècle, l’univers Star Wars s’est enrichi bien au-delà de la saga Skywalker, déployant son imaginaire à travers films, séries, romans ou jeux vidéo. Mais rares sont les œuvres aussi singulières — et étrangement sombres — que le téléfilm Ewoks : The Battle for Endor, resté en marge des grands écrans américains et aujourd’hui encore auréolé d’une réputation mystérieuse.
Naissance d’une curiosité télévisuelle
Au lendemain de la trilogie originelle, George Lucas souhaite maintenir vivante la flamme galactique. Après le fiasco critique du Star Wars Holiday Special en 1978, la prudence guide ses pas vers la télévision. L’engouement pour les Ewoks inspire alors deux téléfilms destinés à un public familial : d’abord Caravan of Courage: An Ewok Adventure, puis sa suite directe en 1985, The Battle for Endor. Les budgets restent modestes, mais l’ambition ne manque pas : tournage en Californie parmi les séquoias de Marin County, effets spéciaux soignés signés Industrial Light & Magic… Pourtant, tout bascule dès les premières minutes du second volet.
L’audace du sombre dans une aventure familiale
Là où le premier opus optait pour un ton féerique et enfantin, cette suite surprend par sa brutalité. Dès le début, la petite Cindel Towani voit ses parents et son frère périr sous l’assaut barbare des maraudeurs Sanyassans — une scène qui tranche avec la légèreté attendue autour des célèbres peluches d’Endor. Orpheline, Cindel s’allie à l’Ewok Wicket et à un ermite bourru nommé Noa (incarné par Wilford Brimley). Ensemble, ils affrontent non seulement l’armée ennemie menée par Terak (Carel Struycken) mais aussi une sorcière inquiétante campée par Siân Phillips. Il n’est pas exagéré d’affirmer que « The Battle for Endor » relève davantage de la dark fantasy que du conte pour enfants.
La production s’appuie sur une inspiration inattendue : Lucas aurait soufflé un canevas évoquant « Heidi », confiant ensuite le scénario aux frères Wheat. Le résultat ? Un récit où perte et survie s’invitent sans détour.
Bilan et héritage ambigu
Objet hybride assumé par Lucasfilm, ce téléfilm a divisé à sa sortie. Certains spectateurs – surtout des enfants des années 80 – se souviennent d’un choc inhabituel : une aventure plus haletante, mais bien plus grave que tout ce qu’offrait jusque-là l’univers Ewok. Avec ses choix radicaux :
- Morts dès l’ouverture du film ;
- Ewoks armés de blasters ;
- Méchants réellement menaçants.
Aujourd’hui encore, beaucoup considèrent « The Battle for Endor » comme supérieur à son prédécesseur grâce à son rythme soutenu et sa tonalité adulte. Pourtant, sa nature de production TV et sa décorrélation du canon officiel depuis le rachat par Disney contribuent à son oubli relatif.
Il est désormais possible de (re)découvrir cette curiosité sur Disney+. Pour celles et ceux qui aiment explorer les zones d’ombre de la galaxie Star Wars… c’est sans doute un passage obligé.