Il y a 20 ans, Battlestar Galactica éliminait son plus grand méchant dans un épisode culte

Image d'illustration. Battlestar GalacticaSyfy / PR-ADN
Il y a vingt ans, la série Battlestar Galactica bouleversait ses fans en sacrifiant l’un de ses antagonistes les plus marquants lors d’un épisode aujourd’hui reconnu comme un sommet du genre, marquant durablement l’histoire de la science-fiction télévisée.
Tl;dr
- Admiral Cain incarne l’ambiguïté morale de BSG.
- Sa mort reste une des scènes les plus marquantes.
- La série interroge sans trancher la frontière héros/tyran.
Un personnage à la croisée des principes et de la survie
Dans l’univers sombre et complexe de Battlestar Galactica, peu de figures ont autant marqué les esprits que celle de l’amiral Helena Cain. Introduite dans la saga lors de l’arc du « Pegasus », elle bouleverse instantanément l’équilibre fragile des survivants humains, offrant un contrepoint glaçant à la vision du commandant William Adama. Là où Adama tente tant bien que mal de ménager sa conscience et les nécessités de la survie, Cain incarne une doctrine d’efficacité brutale. Chez elle, tout est sacrifié à la poursuite d’un seul but : sauver l’humanité – quitte à laisser derrière soi toute notion d’éthique.
Le choc des idéologies
Ce clivage s’exacerbe dans le brillant épisode « Resurrection Ship – Part 2 ». Alors que le vaisseau amiral mène une mission décisive contre les Cylons, les deux leaders s’affrontent par philosophies interposées. Leurs divergences éclatent lorsque Cain va jusqu’à planifier l’assassinat d’Adama, après avoir déjà franchi de multiples lignes rouges : exécutions sommaires, traitements inhumains envers prisonniers et civils. Mais là où un autre récit aurait pu diaboliser sans nuance un tel antagoniste, les scénaristes optent pour une subtile exposition des origines du mal : traumatisée par ses pertes et poussée dans ses retranchements par la guerre, Cain n’est jamais qu’une conséquence tragique du chaos ambiant.
Une disparition aussi surprenante qu’inévitable
La scène fatidique ne cherche ni grandeur ni pathos facile. C’est en toute sobriété – et ironie – que Gina Inviere, ancienne captive Cylon martyrisée sur ordre de Cain, met fin à ses jours. À peine une trêve nouée entre Adama et Cain, le passé rattrape cette dernière dans l’intimité de ses quartiers. Loin d’une justice expéditive ou spectaculaire, cette issue résonne comme une note cruelle : « C’est sa propre cruauté qui précipite sa chute ». Un geste qui ne referme aucune blessure, mais laisse planer le doute sur ce qu’il reste des idéaux humains au cœur du conflit.
L’héritage durable du « Pegasus arc »
Pourtant, malgré une présence écourtée à peine trois épisodes durant, Cain continue de hanter la série. Les conséquences de son passage ne disparaissent pas avec elle : elles divisent toujours la flotte et remettent en cause jusqu’à la légitimité morale d’Adama lui-même. Certains choix restent indécidables. On peut retenir que ces épisodes audacieux ont contribué à faire de Battlestar Galactica une référence incontournable pour qui s’interroge sur la ligne ténue entre le héros… et le tyran.