Hollywood face au doute : le streaming continue de grignoter les salles de cinéma

Image d'illustration. Cinéma videADN
Les cinémas américains peinent à remplir leurs salles, signe d’un public de plus en plus volatil.
Tl;dr
- Malgré de grosses attentes, l’été 2025 n’a rapporté que 3,67 milliards de dollars au box-office US, révélant un essoufflement.
- La montée en puissance du streaming détourne une partie du public et réduit le rôle central des salles.
- Les franchises restent dominantes, mais le succès de films originaux prouve que l’audace créative garde sa place.
L’été 2025 : un box-office en demi-teinte
Après des mois d’attentes fébriles, l’été 2025 devait marquer la renaissance du box-office américain. Les studios misaient gros : entre la sortie de superproductions comme Thunderbolts* , Superman, The Fantastic Four: First Steps et des adaptations en prises de vues réelles – pensons à Lilo & Stitch ou à How to Train Your Dragon – l’industrie rêvait d’un retour massif dans les salles obscures, à des niveaux d’avant la pandémie. Pourtant, la saison estivale s’est conclue avec une recette de 3,67 milliards de dollars, soit 7 millions de moins que l’an dernier. Un écart modeste mais révélateur d’un malaise persistant.
Chercher le public là où il n’est plus
Dans ce contexte morose, certains dirigeants de studios s’interrogent sur la pérennité du modèle. L’un d’eux confiait récemment au The Hollywood Reporter : « Je suis très, très inquiet pour l’avenir… Je ne crois pas qu’il y ait assez de public pour tous ces films ». Un point de vue minoritaire parmi les patrons et exploitants, mais qui traduit une angoisse réelle face à la saturation de l’offre. Trop de films ? Ou tout simplement pas les bons ?
L’ère du streaming bouleverse les habitudes
Difficile en effet d’ignorer le poids grandissant des plateformes. Désormais, bon nombre de productions prévues pour le grand écran basculent directement sur le streaming. On pense notamment à Happy Gilmore 2, qui aurait sans doute fait salle comble quelques années plus tôt, ou encore au thriller acclamé Highest 2 Lowest porté par Denzel Washington, relégué chez Apple. Ce basculement n’est pas sans conséquences : les multiplexes voient leur fréquentation érodée et leur rôle réduit à celui de vitrine ponctuelle pour blockbusters.
Pourtant, un constat s’impose : lorsque le film suscite l’événement – Sinners, The Phoenician Scheme ou encore la nouvelle version de The Naked Gun – le public répond présent. Des salles bien remplies, une ambiance électrique… L’envie d’évasion collective ne semble pas avoir disparu.
L’avenir : franchise ou audace créative ?
Si les franchises restent une valeur sûre – Jurassic World Rebirth a récolté 847 millions de dollars cet été –, un autre courant se dessine timidement. Les succès inattendus signés par des réalisateurs audacieux (Sinners, Weapons) prouvent qu’une partie du public réclame davantage que du recyclage. La question demeure : l’industrie saura-t-elle retrouver l’équilibre entre exploitation massive des licences et soutien aux visions originales ?
Les observateurs avertis le soulignent : il serait temps que les studios redonnent aux salles leur statut de temples du rêve collectif plutôt que simples relais promotionnels pour le streaming. Le salut viendra-t-il d’un retour aux longues exclusivités en salle et à une sélection plus exigeante ? L’avenir proche tranchera.