En bref
- He-Man fête 43 ans
- Deux films, deux échecs au box-office
- La série reste intacte dans la pop culture
He-Man est un cas d’école. En télévision, la licence a écrasé son époque. Au cinéma, elle a buté deux fois sur le même mur. Et c’est sans doute ce contraste qui raconte le mieux sa place dans la culture pop.
Une machine pop née au bon moment
Au début des années 1980, le recul des règles de la FCC sur la publicité dans les programmes jeunesse change la donne. Les fabricants de jouets investissent alors massivement l’animation. Mattel comprend très vite l’ouverture et s’associe à Filmation Studios pour porter Masters of the Universe à l’écran.
Le résultat, c’est He-Man and the Masters of the Universe, lancé autour d’un héros bodybuildé, d’un vilain à tête de mort, d’une équipe d’alliés et d’un univers pensé pour frapper l’œil. La série ira jusqu’à 130 épisodes. Télé, rayons jouets, imaginaire collectif, tout y passe.
Pourquoi la série a imprimé si fort
Ce que He-Man capte très bien, c’est l’esthétique sci-fantasy des années 1980. Un mélange de fantasy façon Le Seigneur des anneaux ou Donjons et Dragons, de choc visuel hérité de Star Wars Episode IV: A New Hope, avec une couche de glam rock et de hair metal par-dessus. Muscles, cuir, épées lumineuses, monstres spatiaux, armures cyborg. Tout y est.
Dans la série, le prince Adam devient He-Man grâce à son épée de pouvoir et à la force du Castle Grayskull. Avec Battlecat, Teela, Man-At-Arms, Orko, Fisto ou encore The Sorceress, il repousse les plans de Skeletor. La formule bouge peu, mais elle fonctionne. De l’action, des créatures, un monde très lisible, parfois une parenthèse sur la vie royale d’Adam, et même des petites morales adressées au public en fin d’épisode. Simple, efficace, taillé pour le rendez-vous du samedi matin.
Deux films, deux approches, même mur
Le plus étonnant, c’est que les deux tentatives cinéma ratent la cible avec des stratégies pourtant différentes. Le film Masters of the Universe de 1987 envoie un artefact d’Eternia sur Terre, où deux adolescents se retrouvent mêlés à la guerre entre He-Man et Skeletor. Le film est très mal reçu, critiqué pour son écriture hachée, ses choix de scénario et sa qualité globale. Au box-office, il disparaît vite.
La version 2026 change le trajet. Cette fois, un jeune Adam est envoyé sur Terre, où il vit sous identité humaine avant de retrouver son épée et de revenir libérer Eternia. Les critiques sont souvent bien meilleures. Mais le public, lui, suit peu. Sorti la même semaine que le succès surprise Obsession, le film n’a pas assez de singularité pour émerger. Bref, mieux accueilli, pas vraiment mieux installé.
L’échec au box-office n’a pas effacé Eternia
Mais les flops n’ont pas sali la marque. Ils ont surtout été oubliés.
Pendant ce temps, He-Man a continué d’exister ailleurs, dans des comics, dans un crossover avec les Thundercats, dans une étrange seconde vie en mème avec « HEYYEYAAEYAAAEYAEYAA (What’s Going On) », puis via de nouvelles séries sur Cartoon Network et Netflix. Ce n’est pas rien. Ça dit une chose assez nette : certaines licences sont faites pour durer en fragments, en images, en souvenirs, pas forcément en blockbuster de deux heures.