En bref
- La Power Armor vient en partie d’un film français
- Tim Cain cite The City of Lost Children
- L’influence dépasse le simple casque
On connaît tous la Power Armor de Fallout. Ce bloc d’acier lourd, ses tuyaux, son masque, son oculaire. Ce design-là doit beaucoup à un film français de 1995, The City of Lost Children, signé Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro.
Une armure culte, avec une filiation bien plus précise qu’on l’imagine
Dans un entretien accordé en 2023, Tim Cain, co-créateur du premier Fallout avec Leonard Boyarsky, a été très clair sur ce point. Il a expliqué que lorsque l’équipe a voulu une armure plus détaillée pour les cinématiques, puis pour la jaquette et le jeu lui-même, une partie du résultat venait de The City of Lost Children.
Il cite notamment l’oculaire du casque, visible dans le film, ainsi que les tubes et les aérations. Et ça se voit, franchement. Une fois qu’on a l’image en tête, difficile de ne pas relier la Power Armor à cette techno sale, mécanique, presque bricolée, qui traverse tout Fallout depuis 1997.
Pourquoi ce film colle si bien à l’ADN visuel de Fallout
Ce n’est pas juste une histoire de casque. The City of Lost Children raconte l’histoire de Krank, un vieil homme incapable de rêver, qui enlève des enfants pour leur voler leurs songes via de lourds dispositifs fixés sur la tête. Autour de lui, ses sbires, les Cyclopes, portent des lentilles boulonnées à l’œil et évoluent dans un décor steampunk très marqué.
C’est exactement le type d’imaginaire que Fallout absorbe bien. Le premier jeu, sorti chez Interplay Studios et situé en 2161 après une guerre nucléaire, n’a jamais reposé seulement sur son post-apo. Sa force, c’est ce mélange de rétrofuturisme, d’Art déco, de câbles apparents et de machines encombrantes. En gros, une technologie qu’on comprend visuellement tout de suite, parce qu’elle ressemble à un moteur ouvert plutôt qu’à une boîte noire.
Deux auteurs, un détour par Hollywood, puis une séparation durable
Le plus intéressant, c’est que cette influence vient d’un film devenu assez discret avec le temps. Dans les années 1990, Jeunet et Caro formaient pourtant un duo qui comptait. Après Delicatessen en 1991, The City of Lost Children a assez marqué pour les conduire jusqu’à 20th Century Fox et Alien Resurrection.
Mais le tandem s’est fissuré là. Jeunet a signé seul la réalisation, Caro ne participant qu’à certains designs, et les deux n’ont plus retravaillé ensemble depuis. Caro n’a réalisé qu’un autre long métrage, Dante 01, en 2008. Jeunet, lui, a poursuivi avec Amélie, Un long dimanche de fiançailles, puis des films plus discrets comme Micmacs ou Bigbug. Son prochain film, Violette, est attendu dans les salles françaises fin 2026.
Et derrière l’anecdote cinéphile, il y a une vraie leçon. Les grandes franchises ne naissent pas dans le vide. Même un monument comme Fallout, entre ses jeux et sa série sur Prime Video, reste aussi un collage d’images, d’obsessions et de films qu’on croyait rangés sur une vieille VHS.