Doctor Who fête ses 60 ans… sans son épisode inaugural

Image d'illustration. Doctor Who BBC / PR-ADN
La série culte britannique Doctor Who a connu un revers inattendu lorsqu’elle a perdu les droits de diffusion de son tout premier épisode, une situation rare dans l’histoire télévisuelle qui soulève des questions sur la gestion de ses archives originales.
Tl;dr
- Les 60 ans de Doctor Who célébrés sans l’épisode inaugural « An Unearthly Child », laissant un vide pour les fans.
- Un différend juridique bloque l’accès : les droits appartiennent au fils du scénariste Anthony Coburn, refusant toute licence.
- L’héritage de la série est compromis, privant le public du début de l’histoire et ravivant le débat entre reconnaissance artistique et exploitation commerciale.
Un anniversaire terni par une absence majeure
Lorsque la BBC a annoncé, en 2023, la mise en ligne intégrale des épisodes classiques de Doctor Who sur sa plateforme iPlayer, les amateurs du Seigneur du Temps ont cru à un rêve devenu réalité. Plus de 800 épisodes couvrant près de trois décennies, accompagnés de documentaires et des célèbres spin-offs comme Torchwood ou The Sarah Jane Adventures, étaient ainsi réunis pour célébrer les soixante ans du programme. Pourtant, l’enthousiasme initial s’est vite transformé en perplexité : l’épisode inaugural, le mythique « An Unearthly Child », manquait à l’appel.
L’origine d’un litige qui dure
Contrairement à d’autres épisodes disparus après les effacements d’archives des années 1970, ici ce n’est pas la pellicule qui manque. Le problème réside dans un épineux différend autour des droits d’auteur opposant la BBC à Stef Coburn, fils du scénariste originel Anthony Coburn. Ce dernier détient aujourd’hui les droits sur cette première aventure et a systématiquement refusé toutes propositions de licence présentées par la chaîne. Selon lui, son père aurait été victime de traitements injustes et d’une appropriation non créditée de ses idées lors des débuts tumultueux du show.
Conséquences pour les fans et héritage contrarié
Cette querelle juridique n’a rien d’anodin pour les admirateurs du Docteur. Être privé de ces quatre premiers épisodes — où le personnage, la TARDIS et toute la mythologie prenaient forme — laisse un vide narratif, particulièrement difficile à accepter pour ceux qui découvrent la série aujourd’hui ou souhaitent la revoir depuis ses origines. Certains regrettent aussi que l’esprit même de Doctor Who, fondé sur l’évolution et le partage intergénérationnel, soit contrarié par un tel blocage administratif.
Voici pourquoi cette situation interpelle :
- L’accès complet au patrimoine télévisuel reste impossible malgré le numérique.
- L’image publique de tous les acteurs — créateurs comme diffuseurs — s’en trouve brouillée.
- L’éternel débat entre reconnaissance artistique et exploitation commerciale refait surface.
Vers une résolution improbable ?
Pour l’instant, aucune solution ne semble poindre à l’horizon. La proposition formulée par Stef Coburn — que la BBC produise une œuvre inédite écrite par son père — a été catégoriquement rejetée par le diffuseur public. Résultat : ni les fans, ni la BBC, ni même l’héritage d’Anthony Coburn, n’en sortent véritablement gagnants. L’histoire du Docteur commence donc toujours… sans son premier chapitre accessible au public français ou britannique.
En attendant une hypothétique réconciliation, il ne reste qu’à espérer que ce pan essentiel de l’univers Doctor Who puisse enfin sortir des limbes juridiques pour retrouver sa place dans le grand récit télévisuel britannique.