Des contraintes budgétaires ont permis d’éviter une fin absurde à Retour vers le futur

Image d'illustration. Retour vers le futurUniversal Pictures / PR-ADN
Les contraintes budgétaires ont profondément influencé la conclusion du film culte Retour vers le futur, obligeant l’équipe à revoir une première version jugée extravagante et coûteuse. Ce choix a finalement contribué à façonner la fin mémorable que l’on connaît aujourd’hui.
Tl;dr
- Le final original incluait une explosion nucléaire évitée pour raisons budgétaires.
- L’idée du retour par la foudre a remplacé la bombe.
- Des changements subtils ont renforcé la surprise du scénario.
Quand le budget façonne un classique
Remontons à 1985, année de la sortie de Back to the Future. Si le film occupe aujourd’hui une place à part dans la culture populaire, il n’a pas toujours ressemblé à ce que nous connaissons. Derrière son statut de chef-d’œuvre indémodable, plusieurs choix initiaux ont été abandonnés… souvent contraints par des considérations très terre-à-terre. L’un des plus notables ? Son final, radicalement différent dans les premières versions.
Une fin apocalyptique mise au placard
Dans les tout premiers storyboards découverts en 2016 – œuvres d’Andrew Probert, illustrateur du film – on découvre un final aux accents quasi-apocalyptiques. L’action devait se dérouler non pas sur la fameuse place du centre-ville, mais près d’un site militaire. Tandis que le professeur Doc Brown chronométrait l’opération depuis sa radio, la fameuse DeLorean devait profiter de l’explosion d’une bombe atomique pour franchir la barre des 88 miles à l’heure et voyager dans le temps. Le récit allait jusqu’à montrer la ville engloutie sous un gigantesque champignon nucléaire… avant que la voiture ne réapparaisse intacte lors d’une visite touristique contemporaine.
Seulement voilà : ce dénouement spectaculaire s’accompagnait d’un coût faramineux. Comme l’a rappelé récemment le coscénariste Bob Gale, « la partie la plus chère n’était pas tant l’explosion elle-même que la construction complète de la ville à détruire pour cette séquence. » Difficile, dès lors, pour le studio d’envisager une telle dépense.
L’imagination au service de l’efficacité
Face au budget colossal — estimé à un million de dollars rien que pour ces plans — il fallut trouver une parade. Ainsi, exit l’explosion nucléaire : l’équipe choisit d’exploiter les décors existants du backlot et de remplacer la bombe par un simple – mais ô combien iconique – coup de foudre. Un choix dicté par nécessité qui allait devenir l’un des moments les plus marquants du film.
Parmi les autres ajustements subtils qui ont renforcé le suspense, une anecdote mérite qu’on s’y attarde : selon Probert, il a convaincu Gale de modifier une action clé concernant la lettre destinée à Doc Brown. Plutôt que de voir le personnage jeter les morceaux du message dans la DeLorean (ce qui aurait trop annoncé sa lecture future), Probert suggéra simplement qu’il glisse discrètement le billet dans sa veste. Une décision toute simple… mais diablement efficace pour préserver l’effet de surprise lors du retour au présent.
Derrière chaque légende, un peu de hasard… et beaucoup d’astuce
Difficile d’imaginer aujourd’hui ce monument cinématographique avec une fin aussi radicalement différente ! Mais peut-être est-ce là tout le sel des grandes aventures hollywoodiennes : parfois, les contraintes forcent à faire preuve de créativité et transforment un simple projet en véritable phénomène générationnel.