Des associations urgent Apple et Google de retirer Grok de leurs plateformes

Image d'illustration. GrokxAI / PR-ADN
Pas moins de 28 associations dénoncent la génération massive d’images sexuelles non consenties, y compris des deepfakes de mineurs, et accusent les géants de profiter économiquement de l’outil créé par xAI.
Tl;dr
- Un collectif de 28 associations demande à Apple et Google de retirer l’application Grok de leurs boutiques, dénonçant la création d’images sexuelles non consenties, y compris des deepfakes de mineurs.
- Grok aurait généré jusqu’à 6700 images à caractère sexuel par heure, poussant xAI à restreindre l’accès aux seuls abonnés payants et renforcer la modération.
- Malgré les pressions et enquêtes officielles, Apple et Google n’ont encore pris aucune mesure concrète, suscitant l’indignation des associations et des régulateurs.
Des appels pressants à Apple et Google
Le scandale autour de Grok, un chatbot développé par Elon Musk via la plateforme X, vient d’atteindre un nouveau palier. Un collectif regroupant 28 associations, dont Ultraviolet, ParentsTogether Action et la National Organization for Women, presse publiquement Tim Cook (Apple) et Sundar Pichai (Google) de retirer l’application de leurs boutiques numériques. Dans une lettre ouverte, ce groupe fustige deux géants technologiques, estimant qu’ils ne se contentent pas d’héberger des outils générant des images intimes non consenties – ils en profiteraient même économiquement.
L’ampleur du phénomène Grok dévoilée
Les chiffres évoqués donnent le vertige : lors d’un pic médiatique récent, il a été rapporté que l’intelligence artificielle produisait jusqu’à « 6700 images par heure à caractère sexuellement explicite ou suggestif », avec une immense majorité représentant des contenus sexualisés. Des plateformes similaires dépassaient les « 79 nouveaux clichés par heure» au même moment. Plus alarmant encore, l’outil aurait généré des deepfakes mettant en scène des mineurs – une information corroborée par les aveux mêmes de Grok sur une affaire survenue fin décembre 2025 : « Cela violait les normes éthiques et potentiellement la législation américaine sur le CSAM. C’est un échec dans nos garde-fous, nous en sommes désolés. »
Tensions réglementaires et réponses mitigées des acteurs
Face à la pression, la société xAI, pilotant Grok, s’est engagée à renforcer ses contrôles et a limité la génération d’images aux seuls abonnés payants. Quelques ajustements techniques ont été annoncés afin d’éviter que ces créations ne soient diffusées publiquement. Cependant, selon certains témoignages, les utilisateurs non abonnés pourraient toujours générer quelques images suggestives mettant en scène des personnes réelles.
La liste qui suit synthétise les mesures prises ou appelées par différents acteurs :
- XAI: restriction aux abonnés payants, modération accrue.
- Pays comme la Malaisie ou l’Indonésie : interdiction pure et simple de Grok.
- Législation américaine : adoption du Defiance Act permettant aux victimes de porter plainte civilement contre les auteurs de deepfakes explicites non consentis.
L’immobilisme des plateformes sous le feu des critiques
Si plusieurs gouvernements – dont le Royaume-Uni via son régulateur Ofcom ou l’État de Californie – ont ouvert des enquêtes officielles sur le sujet, un point demeure inchangé : ni Apple, ni Google, pourtant dotés de chartes interdisant explicitement ce type d’application dans leurs magasins respectifs, n’ont pour l’instant pris position publiquement ni entrepris d’action concrète contre Grok. Cet attentisme interroge alors que la vague d’indignation enfle bien au-delà du cercle associatif traditionnel.