Charlie Chaplin a failli incarner Napoléon, avec un scénariste totalement inattendu à l’écriture

Image d'illustration. Charlie ChaplinCharlie Chaplin / PR-ADN
Peu de gens savent que Charlie Chaplin a failli incarner Napoléon à l’écran. Ce projet avorté avait la particularité surprenante d’impliquer un scénariste inattendu, ajoutant une touche d’étonnement à cette histoire méconnue du cinéma.
Tl;dr
- Chaplin et Churchill ont envisagé un film sur Napoléon.
- Churchill aurait écrit, Chaplin joué le rôle principal.
- Le projet n’a jamais vu le jour.
Quand Churchill rêvait de cinéma avec Chaplin
Il arrive parfois que l’histoire réserve des rencontres aussi surprenantes qu’inattendues. Ainsi, en septembre 1929, à Santa Monica, lors d’une soirée donnée en l’honneur de Charlie Chaplin, une conversation singulière s’engage entre deux hommes au destin hors norme. D’un côté, la star incontestée du cinéma muet, saluée pour son sens du pathos et son génie comique — bien plus sentimental que ses contemporains Buster Keaton ou Harold Lloyd. De l’autre, un politicien britannique fraîchement débarqué d’Angleterre, passionné d’écriture : nul autre que Winston Churchill.
Un projet improbable autour de Napoléon
Ce soir-là, loin des convenances politiques — Churchill n’a jamais caché sa méfiance envers les communistes comme Chaplin — le courant passe étonnamment bien. Selon la biographie signée Andrew Roberts, les deux hommes échangent jusqu’au bout de la nuit sur le septième art. Leurs discussions débouchent même sur une idée étonnante : Churchill se propose d’écrire le scénario d’un film sur Napoléon, dont Chaplin incarnerait le personnage principal.
À trois heures du matin, les esprits s’échauffent et les idées fusent. Churchill esquisse une scène burlesque où Napoléon, dans son bain, ridiculise son frère par un simple jet d’eau — clin d’œil aux ressorts du comique chaplinien. Cette alliance promettait une œuvre inédite à la croisée du burlesque et de la fresque historique.
L’amitié cinéphile inaboutie
Chaplin, séduit par ce projet atypique, invite même Churchill à visionner les premières images de « City Lights » pendant le tournage. Mais malgré cette complicité naissante, l’ambitieux biopic napoléonien n’aboutira jamais. Nulle mention ultérieure dans la biographie de Roberts ; la postérité devra donc se contenter des œuvres séparées des deux protagonistes.
Pourtant, l’intérêt de Churchill pour le cinéma ne fait aucun doute. Lui-même écrivain prolifique — on lui doit biographies historiques et même quelques essais scénaristiques restés dans les tiroirs — il percevait clairement le potentiel géopolitique du grand écran. Il confiera plus tard que « Mrs Miniver » a pesé davantage dans l’effort allié que cinq cuirassés réunis.
Cinéma et histoire : rendez-vous manqué
Si « The Great Dictator » marquera finalement l’œuvre de Chaplin en 1940, on ne saura jamais ce qu’aurait donné une fresque napoléonienne née sous la plume de Churchill. Restent aujourd’hui livres, discours et adaptations où la figure churchillienne règne encore… Tandis qu’au fond des tiroirs de Hollywood sommeille ce projet inabouti qui aurait pu bouleverser à sa façon le récit cinématographique du XXᵉ siècle.
- Winston Churchill, passionné par le cinéma et auteur prolifique.
- Charlie Chaplin, génie sentimental du film muet.
- Napoléon, sujet rêvé, mais jamais porté à l’écran par ce duo improbable.