Black Mirror : un univers partagé enfin confirmé

Image d'illustration. Black MirrorNetflix / PR-ADN
Des objets et références croisées révèlent que les épisodes coexistent dans différentes réalités parallèles.
Tl;dr
- L’épisode Black Museum de la saison 4 a introduit des objets et références reliant plusieurs épisodes de Black Mirror.
- Les easter eggs et références croisées ont fait naître l’idée que toutes les histoires pourraient coexister dans un même univers.
- L’épisode Bête Noire officialise le multivers, expliquant les incohérences et intégrant tous les épisodes dans différentes réalités parallèles.
Un univers partagé enfin assumé
Depuis ses débuts en décembre 2011, Black Mirror n’a jamais hésité à bousculer les spectateurs, même lors des fêtes habituellement synonymes de réjouissances. L’ambiance dérangeante s’est invitée dès le premier épisode, « The National Anthem », et chaque saison s’est inscrite dans ce mélange d’ironie et de noirceur technologique. Mais c’est avec la diffusion de « Black Museum », dernier épisode d’une quatrième saison livrée en cadeau de Noël il y a huit ans, que le créateur Charlie Brooker a posé les bases d’un véritable univers partagé.
Le musée des horreurs et des clins d’œil
Au cœur de ce fameux épisode, le spectateur suit Nish, venue visiter un étrange musée perdu dans un désert américain. Le maître des lieux, Rolo Haynes, guide la jeune femme parmi des reliques issues de technologies cauchemardesques : un casque transmettant la douleur d’autrui au point d’en devenir dépendant, une peluche renfermant une conscience humaine, ou encore l’hologramme torturé d’un condamné à mort. Mais le génie de l’épisode réside aussi ailleurs : sur les étagères, on retrouve des objets familiers pour les plus attentifs — preuve tangible que toutes ces histoires gravitent bien autour du même univers. Ainsi, au détour d’un couloir se glisse la tablette fissurée d’« Arkangel », une abeille robotique d’« Hated in the Nation », ou même une maquette illustrant la fin tragique du performeur Carlton Bloom.
Easter eggs et théorie du multivers
Longtemps, ces références discrètes — marques fictives ou restaurants récurrents — avaient nourri une simple spéculation chez les fans : et si toutes ces dystopies n’en formaient qu’une seule ? Mais cette hypothèse semblait battue en brèche par les divergences flagrantes entre certains épisodes. Comment concilier le monde hyper contrôlé de « Fifteen Million Merits » avec celui beaucoup plus proche de nous dans « Nosedive » ? Ou encore expliquer la présence simultanée des drones meurtriers de « Metalhead » ?
Le multivers comme solution narrative
La réponse vient finalement… par la science-fiction elle-même. En 2024, l’épisode « Bête Noire » apporte une explication inattendue : le multivers. On y découvre un personnage capable de voyager à travers différentes réalités grâce à un ordinateur quantique. Dès lors, plus besoin de tout rationaliser : chaque référence contradictoire trouve sa place dans une version alternative du récit. Voici pourquoi certains clins d’œil ne collent pas toujours : ils appartiennent simplement à des mondes parallèles. Un tour de force qui permet à Black Mirror, sans rien perdre de son mordant ni de sa cohérence interne, d’embrasser pleinement sa dimension tentaculaire.