En bref
- Ben Affleck critique un film décidé en comité
- Il défend la vision de Zack Snyder
- Le ton des films DC reste un problème
Le souci de Justice League, selon Ben Affleck, n’est pas seulement un changement de réalisateur. C’est un film qui a fini par hésiter sur sa propre identité, entre plusieurs visions, plusieurs attentes, et une question très hollywoodienne, quelle version fallait-il vraiment sortir.
Un blockbuster fabriqué à plusieurs mains
Dans un entretien accordé à Variety, l’ancien Batman explique qu’engager un cinéaste au style très marqué pour ensuite lui demander de lisser ce style n’a pas beaucoup de sens. Il dit aimer la version de Zack Snyder et estime que le réalisateur a fait du bon travail. Son reproche vise surtout la méthode.
Pour lui, les tensions autour de Justice League ont pesé lourd, au point de transformer le film en compromis permanent. Et un blockbuster conçu comme ça, en gros, fonctionne mal. Affleck le résume sèchement, faire un film en comité est une très mauvaise manière de procéder.
Le résultat, on le connaît. Sorti en 2017, le montage cinéma n’a même pas atteint son point d’équilibre financier malgré 661,3 millions de dollars au box-office mondial, soit environ 608 millions d’euros (661,3 millions de dollars).
Le Snyder Cut, comme réparation tardive
Le contexte n’a évidemment rien arrangé. Zack Snyder a quitté le film après la mort tragique de sa fille en 2017, et Warner Bros. a alors confié la fin du projet à Joss Whedon. Problème, sa sensibilité plus légère collait mal avec l’approche sombre installée jusque-là dans le DCEU.
Quand Justice League arrive en salles en novembre 2017, la greffe ne prend pas. Le film devient même, avec le recul, l’un des symboles du déraillement de cet univers partagé. Puis vient la campagne des fans pour le Snyder Cut, et le retour du réalisateur avec Zack Snyder’s Justice League, lancé sur HBO Max en mars 2021.
Affleck dit avoir été heureux de voir cette version exister. Il raconte aussi qu’il était agréable de voir Snyder obtenir enfin une forme de satisfaction après un film difficile à faire.
Le vrai casse-tête de DC, plus ancien que Marvel
Mais Affleck va plus loin que le seul cas Justice League. Il estime que les films DC traînent depuis longtemps une tension de ton, trop sombres pour une partie du jeune public, sans assumer totalement non plus une ligne adulte jusqu’au bout.
Il pose d’ailleurs le dilemme franchement, faut-il aller vers un film interdit aux plus jeunes comme Joker, ou viser quelque chose de plus large à la manière de Marvel, sauf cas particulier comme Deadpool et Wolverine ? Dans un autre entretien, il dit aussi avoir aimé Batman v Superman, mais beaucoup moins l’expérience Justice League, qu’il juge pleine de problèmes et, clairement, peu amusante.
Son explication remonte même à l’héritage de Frank Miller et de The Dark Knight Returns. Chez DC, il y aurait toujours cette friction entre version adulte et version ouverte aux enfants. James Gunn et Peter Safran naviguent encore ce sujet, avec d’un côté le succès de Superman et Lanterns, de l’autre la déception financière de Supergirl. Le vrai enjeu est là, bien après Justice League, choisir enfin une direction et s’y tenir.