Babylon : stars, scandales et transformations dans l’âge d’or du cinéma

Image d'illustration. Brad PittParamount Pictures / PR-ADN
Babylon plonge dans les excès et les métamorphoses d’Hollywood à la fin des années 1920, mêlant drames, racisme et ambitions démesurées.
Tl;dr
- Babylon dépeint de façon chaotique et baroque la transition d’Hollywood du muet au parlant, dans un tourbillon d’excès.
- Le film suit trois destins fictifs mais inspirés du réel — Manny, Sydney et Nellie — confrontés aux illusions, au racisme et aux cruautés du star-system.
- À sa sortie, l’œuvre a divisé critiques et public, échouant au box-office mais nourrissant déjà l’idée d’un futur film culte.
Un tourbillon cinématographique
Dès ses premières minutes, Babylon impose son ton avec une séquence improbable : un éléphant défèque sur l’objectif de la caméra. Ce geste baroque n’est qu’un avant-goût du chaos visuel et narratif que propose le dernier film de Damien Chazelle, réalisateur déjà remarqué pour ses hommages virtuoses au septième art. Ici, il explore sans fard les excès de Hollywood, alors en pleine mue entre l’âge du muet et l’avènement du parlant à la fin des années 1920.
Les coulisses d’une métamorphose hollywoodienne
Porté par une distribution éclectique, Babylon ne s’embarrasse pas d’un réalisme docile. Si le scénario invente ses protagonistes, il puise abondamment dans l’histoire véritable de l’industrie. Parmi eux, on retrouve Brad Pitt, incarnant un acteur muet dépassé par le progrès technique, mais dont le rôle n’occupe pas toujours le devant de la scène. Les projecteurs se braquent plutôt sur trois destins entremêlés :
- Manuel « Manny » Torres, Mexicain grimant ses origines pour percer ;
- Sydney Palmer, musicien noir affrontant le racisme systémique du show-business ;
- Nellie LaRoy, étoile montante dont la condition sociale finit par peser lourd.
Leur parcours croise celui d’un univers où démesure rime avec désillusion, où l’assimilation et la quête identitaire se heurtent aux réalités brutales du star-system.
L’amour ou la haine, jamais l’indifférence
À sa sortie fin 2022, alors que Avatar: The Way of Water dominait les écrans voisins, le film n’a pas réussi à rentabiliser son budget d’au moins 80 millions de dollars. Public et critiques se sont révélés profondément divisés devant ce spectacle outrancier – certains louant son audace visuelle ou son score jazzy signé Justin Hurwitz, d’autres s’en détournant face à sa noirceur assumée. Pourtant, des voix comme celle de Stephen King y ont vu une œuvre vouée à devenir « un classique dans vingt ans ».
Bilan mitigé, héritage en construction
Qu’on admire ou qu’on rejette ce long-métrage extravagant – qui cite aussi bien Singin’ in the Rain qu’Avatar dans un montage final étourdissant – difficile de nier à Babylon ses fulgurances formelles. Peut-être faut-il attendre sa prochaine diffusion sur Netflix, prévue le 7 décembre 2025, pour que chacun puisse juger cette fresque monumentale loin des tumultes de la première vague.