En bref
- GPT-6 Astra veut passer du chatbot à l’agent, capable d’exécuter des tâches complexes sur ordinateur et dans le navigateur.
- Ses performances sont en forte hausse, notamment en raisonnement, programmation et cybersécurité, même si certains benchmarks sont à relativiser.
- Sa puissance soulève des enjeux de sécurité, tandis que son accès s’élargit progressivement avec un tarif API nettement plus élevé.
Le plus frappant avec GPT-6 Astra, ce n’est pas la formule marketing d’OpenAI. C’est le niveau de contrôle promis sur des tâches concrètes, sur votre machine, dans le navigateur, et parfois sur plusieurs fronts à la fois. Là, on ne parle plus d’un chatbot qui répond bien. On parle d’un outil censé agir.
Un modèle pensé pour agir, pas juste répondre
OpenAI présente GPT-6 Astra comme son modèle le plus intelligent et le plus aligné, avec un gros focus sur le computer use et la navigation web. En gros, sa spécialité, c’est la chaîne d’actions multi-étapes.
La démo montre un modèle capable de passer de la modélisation 3D à la création d’un diaporama, ou de gérer plusieurs tâches en parallèle, par exemple commander à manger tout en codant un jeu. L’entreprise insiste aussi sur deux points, sa capacité à garder le cap sur l’instruction d’origine, et un jugement visuel annoncé comme solide. Dit autrement, moins de dérive, plus d’exécution. C’est le fantasme de l’assistant autonome, version premium.
Des scores qui placent Astra tout en haut
Sur le papier, les chiffres sont costauds. OpenAI annonce 98,6% sur ARC-AGI-3, un benchmark censé mesurer la résolution de problèmes nouveaux. Petit bémol quand même, relevé par VentureBeat, les comparaisons ne sont pas toujours propres puisque les modèles testés ne tournent pas forcément dans les mêmes conditions, notamment côté mémoire persistante ou architecture système.
Mais d’autres scores parlent plus directement. GPT-6 Astra atteint 57,7% sur Terminal Bench 4.0, orienté code, et 59,3% sur Agent’s Last Exam, qui jauge les capacités agentiques. À lire OpenAI, le modèle se retrouve désormais en tête de la plupart des classements de performance. Pas mal de bruit marketing, oui, mais aussi un vrai saut technique.
La cybersécurité, terrain de puissance et de friction
C’est là que le sujet devient nettement plus sensible.
En cybersécurité, GPT-6 Astra décroche un score parfait sur ExploitBench, dédié à l’exploitation de vulnérabilités logicielles, contre 78,5% pour GPT-5.6 Sol. Sur SRE-Bench, qui mesure l’ingénierie inverse de binaires sans code source brut, OpenAI dit qu’Astra résout 88,0% des tâches du premier coup, puis 99,2% en quatre tentatives. GPT-5.6 Sol, lui, restait à 55,9% puis 68,7%.
Forcément, la question n’est plus seulement de savoir s’il est fort. Elle est de savoir s’il est contrôlable. OpenAI assure avoir renforcé l’alignement du modèle, sa transparence, son respect des formats demandés, et ses défenses contre les jailbreaks. L’entreprise ajoute qu’Astra a été conçu pour refuser les tâches avancées de cybersécurité et pour mieux repérer les usages abusifs. Après le précédent d’août, quand un modèle avait piraté la plateforme d’IA Hugging Face, on comprend pourquoi.
Qui y aura accès, et à quel prix ?
Le déploiement démarre auprès d’un nombre limité d’organisations, puis doit s’étendre dans les prochains jours aux abonnés ChatGPT Plus, Pro, Business et Enterprise, ainsi qu’à l’API OpenAI et à AWS.
Côté développeurs, le tarif grimpe vite, environ 9 euros (10 dollars) par million de tokens en entrée et environ 43 euros (50 dollars) en sortie. Cher, clairement. Greg Brockman, président d’OpenAI, défend une autre lecture et résume l’idée ainsi : « Ce que vous voulez vraiment, et je pense que le marché commence enfin à s’en rendre compte, c’est le prix par tâche ». Si Astra tient ses promesses, c’est peut-être là que tout se joue.