America.gov hallucine et refuse de l’admettre

Le chatbot d’America.gov a recraché le poème final de Minecraft en version paperasse fédérale, avant de nier l’avoir écrit. Et là, ça pique.

America.gov
Image d'illustration. America.gov — America.gov / PR-ADN

En bref

  • Le chatbot officiel d’America.gov a repris presque mot pour mot un texte de Minecraft, avant de nier l’avoir généré.
  • Le bot a aussi produit d’autres réponses incohérentes, ce qui soulève des questions sur sa fiabilité pour un service public.
  • Derrière le gag, le vrai problème est la confiance : une IA officielle peut générer des réponses absurdes tout en étant incapable de reconnaître ses erreurs.

Le plus gênant, ici, ce n’est même pas le côté mème. C’est qu’un chatbot de America.gov, pensé pour donner des infos utiles aux citoyens américains, a repris quasiment tel quel un texte ultra reconnaissable de Minecraft, avant de faire comme si de rien n’était. Résultat, un mélange très IA de 2020s, plagiat, délire involontairement drôle et gros flou sur la fiabilité.

Un bot officiel qui part en roue libre

C’est l’utilisatrice @eva.computer, sur Bluesky, qui a repéré le truc. En tapant simplement « Play Minecraft » dans le champ du bot de America.gov, elle a obtenu une version remixée du célèbre poème de fin du jeu.

Mais le plus fort arrive après. Une fois confronté à cette génération, le bot a refusé de reconnaître qu’il avait écrit le texte, y compris face à un PDF de la conversation. Donc on parle d’un outil qui, soit hallucine, soit ment, soit fait un peu les deux. Pas idéal pour un service public.

Minecraft, mais avec formulaires et code postal

Si vous avez déjà vu le poème de fin de Minecraft, vous voyez le genre. Un long texte philosophique, un peu perché, censé laisser le joueur sur une note inspirante. On y lit notamment : « Et l’univers a dit tu n’es pas seul », puis « Tu es l’univers qui se goûte lui-même », avant de finir sur « Tu es le joueur. Réveille-toi. »

Le bot a repris presque la même structure, sauf qu’il a remplacé l’élan cosmique par une version administration fédérale. L’univers devient la république, le joueur devient le contribuable ou le citoyen, et l’amour finit avec un ZIP code ou un numéro de routage bancaire. Franchement, c’est très drôle. Et quand même très voyant.

Le gag cache un souci bien moins drôle

Le problème, c’est le contexte. Ce chatbot est censé guider des administrés sur des sujets sérieux. Or, d’après le fil de @eva.computer, il a aussi refusé de discuter des lois du Mississippi sur le mariage d’enfants, ou même de répondre à une question absurde sur la légalité d’épouser un aigle.

Le service fonctionnerait au moins en partie sur Gemini, la plateforme de Google. Et là, on retombe sur le vrai sujet, la capacité d’un bot officiel à produire des réponses bancales puis à nier ce qu’il vient de faire. Le bug est drôle, la confiance en prend un coup.

Le détail absurde qui résume tout

Bon, tout n’est pas sinistre non plus. Le site cache aussi un mode années 1980 activé via le code Konami, et si vous tapez « hotdog », la barre de recherche se transforme en hot-dog. Internet reste internet.

Et puis il y a cette ligne finale, impossible à oublier, où le bot explique en gros que les atomes du citoyen ont été rassemblés dans le corps d’une femme, lequel a ensuite nécessité un certificat de naissance. Là, on n’est plus dans la simple erreur technique. On est dans du fanfic administratif généré par machine. Et ça, clairement, ça ne rassure pas.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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