Le box-office de « Le Diable s’habille en Prada 2 » révèle le déclin des films de super-héros

Image d'illustration. Le diable s'habille en Prada 220th Century Studios / PR-ADN
Les chiffres du box-office de la suite du film culte Le Diable s’habille en Prada illustrent le recul de l’engouement pour les superproductions de super-héros, qui peinent désormais à attirer autant de spectateurs qu’auparavant.
Tl;dr
- « Le Diable s’habille en Prada 2 » surpasse les blockbusters super-héros.
- Le public se détourne des franchises Marvel et DC.
- Hollywood doit s’adapter à de nouveaux goûts cinématographiques.
Hollywood : le virage inattendu du box-office
Alors que le public semblait autrefois indissociable des super-héros, la tendance se renverse depuis peu. L’extraordinaire succès de « Le Diable s’habille en Prada 2 », qui vient de franchir la barre des 546 millions de dollars dans le monde, force l’industrie à revoir ses certitudes. À titre de comparaison, ce deuxième opus, piloté par David Frankel, fait mieux que tous les blockbusters Marvel sortis en 2025 : ni « Les Quatre Fantastiques : Premiers pas », ni « Captain America: Brave New World », ni même « Thunderbolts* » n’ont atteint de tels chiffres.
La chute progressive des super-héros au box-office
Il y a quelques années encore, un film comme « Spider-Man: No Way Home » culminait à près de deux milliards de dollars. Désormais, rares sont les franchises capables d’attirer autant de spectateurs. Les déconvenues s’enchaînent pour les studios : après l’échec cuisant de « Joker: Folie à Deux », qui plafonne péniblement à 207 millions en 2024, d’autres titres peinent aussi à convaincre – on pense notamment à « Shazam! Fury of the Gods », « The Flash », ou « Blue Beetle ». Même chez Sony, l’univers parallèle autour de Spider-Man patine : « Madame Web » et « Kraven the Hunter » sont loin d’avoir marqué les esprits ou rempli les salles.
Nouveaux publics, nouveaux succès : Hollywood face au changement
Ce retournement n’est pas seulement une affaire de chiffres ; il traduit une évolution profonde des attentes. Les films ciblant des groupes souvent négligés – notamment les femmes avec des œuvres comme « Barbie » ou « It Ends With Us » – cartonnent. De la même manière, la Génération Z semble avoir soif d’originalité et d’expériences nouvelles, préférant parfois un « Five Nights at Freddy’s » ou une adaptation de jeu vidéo plutôt qu’une énième aventure super-héroïque.
Quelques succès relatifs subsistent dans le genre : par exemple, « Deadpool & Wolverine » a explosé les compteurs en 2024 et tout laisse penser que le futur « Avengers: Endgame » restera incontournable en 2026. Mais globalement, la domination absolue du genre paraît bel et bien terminée.
L’industrie cinématographique doit se réinventer
En somme, le triomphe retentissant du nouvel opus porté par Miranda Priestly (alias Meryl Streep) ne s’attaque pas frontalement aux films de super-héros ; il révèle surtout que le public souhaite autre chose. Voici quelques tendances majeures qui émergent :
- Recherche accrue d’histoires inédites ou originales.
- Diversification du public ciblé par Hollywood.
- Désaffection envers les univers étendus systématiques.
Si Hollywood veut perdurer, il lui faudra manifestement sortir du carcan héroïque et embrasser cette diversité nouvelle. Le box-office ne ment jamais : l’époque impose désormais l’audace narrative et l’écoute attentive du public.