Ubisoft licencie un salarié après des critiques publiques

Image d'illustration. UbisoftUbisoft / PR-ADN
David Michaud-Cromp a été licencié après avoir pris position publiquement sur le retour obligatoire au bureau, mettant en lumière la fragilité de l’image sociale de l'éditeur français Ubisoft.
Tl;dr
- Le climat interne chez Ubisoft se détériore avec restructurations, licenciements et mesures contestées, comme le cas de David Michaud-Cromp.
- Le licenciement de David Michaud-Cromp relance le débat sur la liberté d’expression et le respect du dialogue interne.
- Ces incidents répétés fragilisent l’image sociale d’Ubisoft et inquiètent sur l’avenir du dialogue avec les salariés.
Des tensions croissantes
Depuis quelques mois, le climat interne chez Ubisoft ne cesse de s’assombrir. Entre restructurations, vagues de licenciements et mesures impopulaires, l’éditeur français de jeux vidéo se retrouve sous le feu des projecteurs pour sa gestion des ressources humaines. Le dernier épisode en date : la mise à pied puis le licenciement sec de David Michaud-Cromp, leader d’équipe en design de niveaux à Ubisoft Montréal. Son tort ? Avoir exprimé publiquement son désaccord avec l’obligation faite aux salariés de revenir travailler sur site.
Un licenciement qui interpelle
Après une suspension de trois jours sans salaire consécutive à ses prises de position, David Michaud-Cromp a annoncé son renvoi immédiat via LinkedIn. Dans un message sobre, il explique : «J’ai été licencié par Ubisoft, avec effet immédiat. Ce n’était pas ma décision.» Face à la polémique naissante, un porte-parole du groupe s’est voulu rassurant auprès du média américain Kotaku : «Partager un avis respectueusement ne mène pas à un licenciement. Nous disposons d’un Code de conduite clair que chacun signe chaque année. En cas d’infraction, des procédures graduées sont appliquées selon la gravité ou la récurrence.» Malgré cette communication officielle, les questions persistent quant au respect du dialogue interne et à la liberté d’expression au sein du groupe.
Une série noire pour son image sociale
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une succession de décisions difficiles qui alimentent le malaise parmi les salariés. On se souvient qu’à peine après la syndicalisation partielle des employés à Ubisoft Halifax, la direction décidait de fermer purement et simplement le studio. L’entreprise avait alors invoqué une politique globale de réduction des coûts — ce qui s’est traduit dans les semaines suivantes par la fermeture d’autres entités de support et plusieurs suppressions d’emplois.
Plus récemment encore, plusieurs syndicats internes ont appelé à une grève de trois jours dénonçant « le radinisme et la dégradation des conditions de travail imputés à la direction ». Autant dire que l’ambiance reste électrique dans les couloirs du géant vidéoludique.
Les signaux d’alarme pour Ubisoft
Difficile, dans ces conditions, d’écarter tout lien entre ces événements rapprochés. S’il ne s’agit que d’une accumulation fâcheuse de coïncidences, force est de constater qu’elles jettent une lumière défavorable sur l’image sociale déjà fragilisée d’Ubisoft. Pour les salariés comme pour les observateurs externes, ces signaux inquiètent quant à l’avenir du dialogue social au sein du groupe.