Ubisoft Halifax : la fermeture surprise après la syndicalisation

Image d'illustration. UbisoftUbisoft / PR-ADN
Seize jours seulement après la création d’un syndicat au sein de l’un de ses studios, Ubisoft a décidé d’en fermer les portes. Cette décision soulève des interrogations sur les relations sociales et les conditions de travail dans l’industrie du jeu vidéo.
Tl;dr
- Ubisoft Halifax ferme ses portes soudainement, laissant 71 salariés sans emploi seulement deux semaines après leur syndicalisation.
- L’éditeur invoque des raisons économiques, affirmant que la fermeture s’inscrit dans une stratégie globale de réduction des coûts.
- Cette décision s’inscrit dans une politique mondiale d’austérité, créant un climat d’incertitude pour les employés et soulevant des inquiétudes sur les droits syndicaux dans l’industrie vidéoludique.
Un choc pour les équipes d’Ubisoft Halifax
Le couperet est tombé sans préavis : la filiale canadienne Ubisoft Halifax, tout juste syndiquée, ferme définitivement ses portes. Ce sont pas moins de 71 salariés qui se voient concernés par cette décision soudaine, intervenue seulement deux semaines après leur adhésion au syndicat Game & Media Workers Guild of Canada. Un contexte glaçant, quand on se rappelle les propos du responsable technique du studio, Jon Huffman, qui confiait alors à CTV News, dans un souffle de soulagement : « C’est un immense soulagement ». Près de 74% des employés s’étaient prononcés en faveur de cette union.
Des motifs officiellement économiques
Du côté de l’éditeur français, la ligne reste la même. Dans un communiqué adressé à GamesIndustry.biz, l’éditeur français Ubisoft présente cette fermeture comme la suite logique d’une vaste stratégie globale : « Au cours des 24 derniers mois, Ubisoft a pris des mesures à l’échelle mondiale pour rationaliser ses opérations, accroître son efficacité et réduire ses coûts ». La société insiste sur le fait que le sort de Halifax n’a rien à voir avec la récente syndicalisation du personnel.
Parmi les mesures évoquées pour accompagner les départs : un ensemble de dispositifs d’aide à la transition professionnelle et des indemnités de licenciement qualifiées de « complètes ». Difficile toutefois d’ignorer le timing serré entre la création du syndicat et l’annonce du plan social.
L’impact d’une politique mondiale d’austérité
Ce geste s’inscrit dans une série plus large de restructurations menées par Ubisoft. L’automne dernier déjà, le studio suédois Massive Entertainment, reconnu pour ses franchises phares comme The Division, Star Wars Outlaws ou encore Avatar: Frontiers of Pandora, lançait un programme incitant certains salariés à quitter l’entreprise — euphémisé en « programme volontaire de transition de carrière ». Au-delà du Canada, des bureaux ont fermé à San Francisco, Londres et Leamington ces dernières années.
Pour mesurer l’ampleur du mouvement : en 2024, l’effectif mondial d’Ubisoft a chuté de près de 8%. Voici ce qu’il faut retenir sur les conséquences concrètes :
- Diminution drastique du nombre d’employés dans plusieurs régions clés.
- Séries emblématiques impactées par le recentrage stratégique.
- Nouvelles craintes autour des droits syndicaux dans l’industrie vidéoludique.
L’avenir incertain pour les talents vidéoludiques locaux
Derrière ces chiffres froids se dessine un paysage incertain pour les créateurs québécois. Longtemps centre névralgique pour les jeux mobiles liés aux licences prestigieuses telles que Rainbow Six ou Assassin’s Creed, le site d’Halifax laisse derrière lui une équipe soudée mais désormais fragilisée. Reste une question brûlante : la vague actuelle de rationalisation chez les géants du secteur risque-t-elle de devenir la norme au détriment des voix collectives émergentes ?