L’auteur culte de science-fiction derrière un grand épisode de Star Trek avait une profonde aversion pour Hollywood

Image d'illustration. Star Trek The Original SeriesDesilu Productions / PR-ADN
Célèbre pour avoir écrit l’un des épisodes les plus marquants de la série Star Trek, un auteur de science-fiction apprécié du public nourrissait pourtant une profonde aversion pour l’industrie cinématographique hollywoodienne et ses pratiques.
Tl;dr
- Harlan Ellison dénonce le plagiat à Hollywood.
- Ses œuvres, dont « The City on the Edge of Forever », souvent modifiées ou copiées.
- Ellison a poursuivi studios et productions pour défendre ses droits.
L’ombre du plagiat sur la carrière d’Harlan Ellison
Si l’on évoque le nom de Harlan Ellison, impossible de passer sous silence son aversion profonde pour l’industrie hollywoodienne. À travers sa longue carrière, ce maître incontesté de la science-fiction n’a cessé de dénoncer les dérives d’un système qui, selon lui, prospère sur le vol d’idées. Ses griefs contre les studios et les grandes entreprises étaient aussi virulents que constants : « Arrogant stupidity is the base of it. First of all, they do not understand that it is wrong to steal, » déclarait-il dès 1979 dans un entretien resté célèbre.
« The City on the Edge of Forever » : un scénario sous tension
L’histoire tumultueuse derrière l’écriture de l’épisode culte de Star Trek, « The City on the Edge of Forever », illustre parfaitement cette fracture entre l’auteur et Hollywood. Si Gene Roddenberry, créateur de la série, lui avait promis carte blanche, le scénario original d’Ellison — sombre, risqué, avec notamment un trafic de drogue à bord de l’Enterprise — s’est vu considérablement édulcoré par la production. Plusieurs réécritures se sont succédé, souvent motivées par une volonté d’économie ou pour mieux coller à « l’esprit Star Trek ». Face aux interventions répétées des scénaristes comme D.C. Fontana, la colère d’Ellison était palpable : il estimait voir son œuvre dénaturée.
Poursuites judiciaires et rancœur persistante
Jamais résigné face à ces pratiques qu’il jugeait iniques, Ellison n’hésita pas à faire valoir ses droits devant les tribunaux. Quelques exemples marquants :
- Poursuite contre le film The Terminator, qu’il accusait d’avoir copié ses récits publiés dans « The Outer Limits ».
- Procès contre Star Trek en 2009 pour toucher des royalties sur « The City on the Edge of Forever ».
Ces actions aboutirent généralement à des accords confidentiels, mais révélateurs du climat tendu entre l’auteur et les studios.
L’héritage d’un auteur intransigeant
Au fil des ans, ce sentiment d’amertume ne fit que croître chez Ellison : il voyait dans chaque nouveau succès hollywoodien une tendance au recyclage ou au dérivatif qui le scandalisait. « No, I’m not paranoid, I just know that industries and corporations and machines like the movie studios… are no longer human beings. » affirmait-il alors qu’il rêvait de voir les grands patrons s’excuser publiquement pour leurs emprunts non crédités. Disparu en 2018 à 84 ans, Ellison laisse derrière lui une œuvre marquée par la rigueur intellectuelle et un combat acharné pour la reconnaissance des droits des auteurs — une croisade toujours d’actualité dans le paysage culturel contemporain.