Marvel Zombies : l’étrange origine d’une franchise culte

Image d'illustration. Marvel ZombiesMarvel / PR-ADN
Avant de devenir une saga de comics et une série animée, Marvel Zombies naissait dans les coulisses de Marvel comme une plaisanterie sur ses lecteurs.
Tl;dr
- À l’origine, Marvel Zombies était un sobriquet moqueur lancé par Stan Lee et Jack Kirby pour désigner les fans les plus fervents et parfois aveuglément fidèles.
- Le terme a été approprié par la communauté, devenant un étendard identitaire avant de donner naissance à la série de comics Marvel Zombies en 2005.
- Depuis, la franchise explore des univers horrifiques délirants, mêlant zombies, vampires et affrontements extravagants, tout en cultivant l’autodérision des fans.
L’origine étonnante des « Marvel Zombies »
Bien avant que la série animée Marvel Zombies ne fasse ses débuts dans le Marvel Cinematic Universe, le terme recouvrait déjà une histoire savoureuse – et, il faut bien le dire, un brin ironique. À l’origine, Marvel Zombies n’avait rien à voir avec des super-héros dévorant de la chair humaine dans un monde alternatif. C’était d’abord un sobriquet né dans les coulisses de Marvel, lancé sur un ton mi-affectueux, mi-moqueur par des figures comme Stan Lee ou Jack Kirby. L’expression désignait ces fans jugés trop fervents, parfois même aveuglément fidèles à la marque – au point, plaisantaient certains auteurs, d’acheter les pires bandes dessinées publiées par l’éditeur.
D’un surnom satirique à l’étendard des fans
Cette taquinerie a rapidement circulé parmi les lecteurs : être traité de Marvel Zombies par ses pairs était d’abord une pique venant des amateurs de concurrents comme DC. Mais en coulisse, chez Marvel, le terme oscillait entre gentille moquerie et constat amusé d’une communauté ultra-engagée. Certains créateurs, pas toujours tendres avec le charismatique Stan Lee, l’utilisaient aussi pour pointer du doigt une base lectrice parfois jugée peu critique face aux stratégies commerciales de la maison. Pourtant, loin de s’en offusquer, beaucoup de fans se sont approprié ce qualificatif jusqu’à en faire un véritable étendard identitaire — comme les « Trekkies » autrefois.
L’étrange destin éditorial du concept
Mais c’est surtout avec la sortie en 2005 (et non 2025 !) de la première série de comics Marvel Zombies que tout a changé. Imaginée dans un univers parallèle où un virus transforme les héros en goules affamées (un mélange inattendu entre zombies et vampires), cette saga a rapidement conquis son public. Face à cet engouement, plusieurs suites délirantes ont vu le jour : affrontements contre Ash d’Evil Dead, incursions dans des mondes peuplés de héros simiens ou combats contre des nazis zombies… La licence s’est imposée comme un terrain fertile pour toutes les variations horrifiques possibles.
Quand être fan rime avec autodérision
Au fil des années 1970 et au-delà, la définition s’élargit encore. Certains vétérans du secteur – tel que l’auteur J.M. DeMatteis – ont confessé se reconnaître dans cette étiquette : dévorer même les publications jugées « honteuses », comme le très étrange Howard the Duck. Difficile donc aujourd’hui, alors que la mini-série animée donne une nouvelle vie à ce mythe, de ne pas sourire à l’idée qu’un vrai passionné pourrait se revendiquer Marvel Zombies… Une pirouette qui résume bien toute la dérision – et l’affection – entourant ce pan iconoclaste du géant américain.