Un grand nom de Star Wars a été sollicité par Pixar pour contribuer à Wall-E

Image d'illustration. Wall-EPixar / PR-ADN
Pour développer le film Wall-E, les équipes de Pixar ont sollicité l’expertise d’une figure majeure de l’univers Star Wars, apportant ainsi une contribution clé à ce chef-d’œuvre d’animation qui a marqué le cinéma.
Tl;dr
- Ben Burtt a donné vie sonore à Wall-E et ses robots.
- Pixar a choisi des robots non-humanoïdes pour l’originalité.
- Un travail sonore inédit a forgé la personnalité des machines.
Des machines au cœur de l’émotion chez Pixar
Si l’on pense spontanément aux jouets ou aux poissons quand on évoque les films d’animation signés Pixar, il ne faut pas oublier que l’humain, paradoxalement, y occupe rarement le devant de la scène. Avec Wall-E, le studio franchit un nouveau cap : confier la vedette à des robots au pouvoir d’expression remarquable, loin de toute ressemblance avec les humains. Ce choix artistique n’est pas anodin. Comme le confiait Andrew Stanton, réalisateur et co-scénariste, il existe selon lui « deux écoles » dans la représentation des robots au cinéma : celle du « tin man » (androïde) et celle du robot fonctionnel, comme R2-D2. Sans surprise, c’est ce second camp qui l’a séduit : donner une âme à une machine, sans jamais lui emprunter les traits de ses créateurs.
L’homme derrière la voix des robots
Au centre de cette prouesse se trouve un nom incontournable : Ben Burtt. Déjà célèbre pour avoir imaginé les blips inimitables de R2-D2 dans Star Wars, il était initialement réticent à replonger dans l’univers robotique. Après avoir annoncé à sa femme qu’il en avait fini avec les robots suite à « La Revanche des Sith », il se laisse pourtant convaincre par la singularité du projet Wall-E. Ce qui devait être un simple clin d’œil à son travail passé devient rapidement une contribution essentielle : il prête sa voix non seulement au héros éponyme, mais aussi à M-O et Auto, tout en orchestrant l’ensemble des effets sonores du film — soit plus de 2 400 fichiers audio, un record surpassant même ses réalisations pour Star Wars.
Sculpter une personnalité sonore unique
À vrai dire, Ben Burtt ne s’est pas contenté de simples bruitages. Sa mission consistait à insuffler ce qu’il appelle une « âme » aux machines : « Le défi était de créer des voix crédibles et non humaines, mais capables de susciter autant d’émotion et d’intimité qu’un personnage vivant. » Pour atteindre ce subtil équilibre entre étrangeté mécanique et chaleur expressive, il a manipulé les enregistrements vocaux jusqu’à distordre totalement leur origine humaine.
Voici comment il procédait :
- Analyse fine des sons vocaux via ordinateur pour isoler chaque composant.
- Synthèse et transformation afin d’injecter la dose voulue d’artificialité.
- Mélange ingénieux d’effets mécaniques — du démarreur d’un biplan ancien aux sons d’un avion radiocommandé — pour enrichir la palette sonore.
L’exigence Pixar : donner vie à l’inerte
La touche finale ? L’insistance quasi obsessionnelle d’Andrew Stanton pour obtenir le talent irremplaçable de Burtt. Le résultat s’entend dès les premières secondes : Wall-E et EVE expriment amour, colère ou perplexité sans mots articulés… mais avec un naturel bouleversant. En filigrane, c’est toute la philosophie de Pixar qui transparaît : prouver que même une machine peut faire battre le cœur du public — pour peu qu’on lui accorde une véritable personnalité.