En bref
- Vincenzo Natali défend toujours sa scène polémique
- Splice lie sexe, naissance et génétique
- Le film reste culte malgré un accueil divisé
La scène la plus contestée de Splice a failli coûter cher au film. Quinze ans après, Vincenzo Natali ne regrette rien, et surtout pas de l’avoir gardée. Pour lui, la séquence où Clive, joué par Adrien Brody, couche avec la créature Dren n’était pas là pour choquer gratuitement. C’était le centre du projet.
Une scène pensée comme le cœur du film
Ce passage a même retardé la production. Pas un détail. Si ça a coincé, c’est parce qu’il touchait au point le plus sensible du film, celui que beaucoup préféraient sans doute contourner.
Vincenzo Natali l’assume encore aujourd’hui avec une formule limpide, « C’était la raison d’être du film pour moi ». Il ajoute que l’histoire parlait de vie et de naissance, et que le sexe faisait forcément partie de l’équation. En gros, retirer cette scène revenait à vider Splice de ce qu’il cherchait vraiment à raconter.
Une créature hybride, et tout ce que ça charrie
Le sujet de Splice, ce n’est pas seulement la provocation. Le film suit deux ingénieurs en génétique qui mélangent des ADN pour créer une créature hybride, mi-humaine, mi-animale, baptisée Dren. Ils la font naître, ils l’élèvent, et tout dérape.
C’est là que le film garde une vraie force, quand même. La controverse ne sort pas de nulle part, elle naît directement de son idée de départ. Splice parle de transformation du corps, de frontière brouillée entre l’humain et le reste, et des implications éthiques de l’ingénierie génétique. Dit autrement, la scène qui a choqué prolonge le cauchemar scientifique plutôt qu’elle ne le détourne.
Un film clivant devenu repère du genre
À sa sortie, Splice n’a pas cartonné au box-office. Pourtant, le film a laissé une trace assez nette dans le paysage de l’horreur de science-fiction. Le contraste est intéressant, critique plutôt favorable d’un côté, public plus partagé de l’autre.
Et c’est souvent comme ça que naissent les films cultes. Splice n’a jamais été consensuel, mais il a marqué les esprits. Quinze ans plus tard, il continue d’exister pour ce mélange assez rare de malaise, de science et de peurs très primitives, celles liées à la violation du corps et à ce que la science peut déclencher quand elle dépasse la simple expérience.
Le film n’est pas lisse. C’est même précisément pour ça qu’on en parle encore.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi cette scène a-t-elle autant fait polémique ?
Parce qu’elle touche à un tabou frontal, en reliant intimité, création artificielle et rapport de domination avec une créature hybride. Dans Splice, ce n’est pas un simple choc visuel, c’est le point où l’expérience scientifique bascule dans quelque chose de profondément inconfortable.
Que raconte exactement Splice au-delà de la provocation ?
Le film parle de Dren, née d’un mélange d’ADN conçu par deux scientifiques. À partir de là, il questionne ce qu’on fabrique quand on manipule le vivant, et ce qu’on est prêt à accepter une fois que cette création existe vraiment.
Le film a-t-il été un succès à sa sortie ?
Pas vraiment sur le plan commercial, puisque son box-office est resté mitigé. En revanche, son impact a dépassé ce résultat, avec un accueil critique solide et une réputation qui s’est installée avec le temps.
Pourquoi Splice reste-t-il cité quinze ans après ?
Parce qu’il mélange plusieurs peurs très efficaces, la science qui déborde, le corps qui change, l’éthique qui lâche prise. Ce n’est pas le film le plus confortable du genre, mais son exécution a assez de personnalité pour lui donner une vraie longévité.