Quand Hollywood trahit un jeu culte : l’échec de Hitman

Image d'illustration. Hitman: Agent 4720th Century Studios / PR-ADN
Le reboot de l'adaptation cinématographique Hitman oublie l’essence du jeu vidéo, proposant une action fade qui ne convainc ni les joueurs ni les cinéphiles.
Tl;dr
- Hitman: Agent 47 a été un échec critique et commercial, décevant autant les fans que les amateurs de films d’action.
- Le film a été critiqué pour avoir perdu l’essence furtive et stratégique du jeu, avec une réalisation et des dialogues peu inspirés.
- Malgré ce revers, Rupert Friend a réussi à relancer sa carrière grâce à d’autres projets plus valorisants.
Un été désastreux pour les adaptations de jeux vidéo
Août 2015 n’a décidément pas marqué l’histoire du cinéma américain pour les bonnes raisons. Si des films comme The Diary of a Teenage Girl de Marielle Heller, ou encore la comédie décalée Mistress America, signée par le duo Noah Baumbach et Greta Gerwig, ont su tirer leur épingle du jeu, la plupart des sorties sont vite tombées dans l’oubli. Parmi ces échecs, difficile de ne pas évoquer le sort réservé à Hitman: Agent 47, adaptation d’un jeu vidéo culte qui, loin de relancer la machine hollywoodienne, a plutôt précipité la chute de la franchise sur grand écran.
L’échec d’un reboot attendu
La saga vidéoludique Hitman, lancée en 2000 avec le titre fondateur Hitman: Codename 47, jouit depuis longtemps d’une popularité certaine auprès des amateurs d’infiltration. Pourtant, après un premier essai au cinéma en 2007 avec Timothy Olyphant, c’est un reboot que propose 20th Century Fox huit ans plus tard : cette fois, c’est Rupert Friend qui endosse le costume du célèbre Agent 47. Aux commandes, le réalisateur venu du clip publicitaire, Aleksander Bach. Le résultat ? Une réception critique désastreuse – dialogues jugés fades, scènes d’action ternes et absence totale de ce qui fait le sel des jeux : la discrétion et la stratégie.
L’avis des fans et l’impact financier
Loin de convaincre les joueurs historiques ou même les amateurs de films d’action, le long-métrage peine à séduire qui que ce soit. En dépit de quelques clins d’œil supposés flatter les connaisseurs du jeu vidéo, Hitman: Agent 47 néglige l’essence même du concept. Les critiques pointent également une certaine paresse visuelle dans les séquences musclées. Au final, avec seulement 22,5 millions de dollars récoltés aux États-Unis, le film enterre toute perspective d’une suite ou même d’un nouvel essai télévisuel — un projet Hulu ayant disparu des radars depuis bientôt dix ans.
Voici en résumé pourquoi ce reboot s’est heurté à un mur :
- Dénaturation du matériau original : oubli de la dimension furtive chère aux fans.
- Baisse artistique : réalisation anonyme et écriture sans relief.
- Désaveu du public : chiffres au box-office en chute libre.
Une note positive pour Rupert Friend ?
Curieusement, là où beaucoup auraient vu leur carrière s’enliser après un tel revers, c’est tout l’inverse qui s’est produit pour Rupert Friend. Après avoir brillé dans la série Homeland, il a su rebondir vers des choix plus audacieux — citons son intégration remarquée dans la troupe fidèle à Wes Anderson. Finalement, si Hitman: Agent 47 a clos définitivement le chapitre cinématographique pour cette licence emblématique du jeu vidéo, il aura permis à son interprète principal d’ouvrir bien d’autres portes. Pour ceux que la curiosité titille malgré tout, Hitman: Agent 47 reste disponible sur Hulu… mais mieux vaut être prévenu.