Pourquoi The Death of Robin Hood fait un écho si fort à Logan

Le nouveau film de Michael Sarnoski avec Hugh Jackman évoque fortement Logan. Même acteur, mêmes obsessions, mais pas du tout la même morale.

The Death of Robin Hood
The Death of Robin Hood — Lyrical Media / PR-ADN

En bref

  • Attention, l’article révèle la fin du film
  • Hugh Jackman relie fortement les deux œuvres
  • La ressemblance cache une morale très différente

The Death of Robin Hood ressemble beaucoup à Logan, et ce n’est pas un hasard. Avec Hugh Jackman au centre, Michael Sarnoski retouche une figure que l’acteur connaît par cœur, celle d’un combattant usé, violent, presque fini, que la présence d’une jeune fille oblige à redevenir humain. Attention quand même, on parle ici d’un film dont la fin est dévoilée.

Hugh Jackman rejoue une figure qu’il maîtrise à la perfection

Chez James Mangold comme chez Michael Sarnoski, Jackman incarne un homme au bout de sa route. Dans Logan, le mutant meurt à petit feu en 2029 pendant qu’il veille sur Charles Xavier, joué par Patrick Stewart, tout en survivant comme chauffeur. Dans The Death of Robin Hood, un Robin Hood vieillissant traverse la campagne anglaise, à moitié caché, poursuivi par des proches de ses anciennes victimes.

Puis arrive la même secousse narrative. Un homme solitaire doit prendre sous son aile une jeune fille. Pour Logan, c’est Laura, alias X-23, sa fille qu’il ne connaissait pas, incarnée par Dafne Keen. Pour Robin, c’est Little Margaret, la fille orpheline de Little John, jouée par Faith Delaney, alors que Bill Skarsgård interprète son père.

Même squelette narratif, pas la même destination

Bon, la parenté va plus loin que le casting. Les deux films reposent sur un duo de type père de substitution, presque un récit de transmission par la survie et la violence. Ces héros apprennent, protègent, guident. Et les filles, en retour, fissurent leur carapace.

C’est d’ailleurs là que Jackman est très juste. Il joue cette chaleur rentrée, cette brutalité fatiguée qui cache encore un besoin d’être utile. Dans les deux cas, faire enfin ce qu’il faut pour une enfant leur offre quelque chose qui ressemble à une absolution, ou au moins à une forme de paix.

Western d’un côté, tragédie de l’autre

Mais les deux films ne racontent pas la même chose. Logan, malgré son étiquette super-héroïque, fonctionne surtout comme un western. Mangold le relie explicitement à des figures de vieux pistoleros, en citant même Shane et en allant du côté de Pale Rider, avec un peu de film noir dans le portrait de l’anti-héros.

The Death of Robin Hood, lui, relève de la tragédie. Le film s’appuie sur la ballade du XVIIe siècle consacrée à la mort de Robin Hood, et il ne cherche jamais à blanchir ses crimes. Son passé revient, littéralement, réclamer son dû.

Résultat ? Les morts se répondent, mais elles ne disent pas la même chose. Logan meurt en héros, en se sacrifiant au combat. Robin, lui, accepte une mort juste quand Sister Brigid, jouée par Jodie Comer, le laisse se vider de son sang après le meurtre ancien de son mari et de ses enfants.

Pourquoi ce parallèle compte au-delà du clin d’œil

Ce rapprochement raconte quelque chose de plus large sur le cinéma de Sarnoski. Comme dans Pig ou A Quiet Place: Day One, il revient à la question de l’héritage, de la trace qu’on laisse, et du poids moral d’une légende.

Et il touche aussi un point assez rare aujourd’hui. Donner une vraie fin à un héros populaire. Pas une porte entrouverte, pas une promesse de retour. Une fin. The Death of Robin Hood est actuellement en salles, et si le parallèle avec Logan saute aux yeux, ce qu’il dit de la responsabilité des héros, lui, reste bien plus rugueux.