En bref
- Netflix ajoute deux séries The Tick en juillet
- La version 2001 et celle de 2016 arrivent
- Deux excellentes satires loin de Marvel et DC
Le streaming adore les secondes chances. En juillet, Netflix va remettre en circulation non pas une, mais deux séries centrées sur The Tick, un héros culte qui a toujours vécu dans l’ombre des mastodontes Marvel et DC.
Et il y a un petit piège. The Tick et The Tick: The Complete Series ne désignent pas la même production. La première correspond à la série diffusée sur Fox en 2001, avec Patrick Warburton. La seconde renvoie à la version lancée en 2016 pour Prime Video, portée par Peter Serafinowicz sur deux saisons.
Deux séries, un même héros, et ce n’est pas un doublon
Sur le papier, l’opération peut sembler confuse. Même personnage, même titre, deux incarnations live. Dans les faits, c’est plutôt une bonne nouvelle pour ceux qui aiment voir comment une même idée change avec son époque.
La série de 2001 n’a duré qu’une saison. Celle de 2016 s’est arrêtée après deux. Pas franchement des machines de guerre côté longévité, mais clairement des œuvres qui ont laissé une trace chez ceux qui les ont vues.
Pourquoi The Tick reste un cas à part dans le genre
Le personnage vient des comics de Ben Edlund, apparu en 1986. Au départ, il servait de mascotte à la newsletter de la chaîne de librairies New England Comics, avant de prendre son autonomie dans une série de comics indépendants.
Le plus étrange, c’est que son origine reste floue presque partout. The Tick ne se souvient pas de sa vie d’avant. Dans les comics, il est juridiquement fou et s’échappe d’un établissement psychiatrique près de The City. Dans la version 2001, il est poussé à venir protéger cette même ville, avec en bonus une piste extraterrestre. En 2016, l’amnésie reste entière, et la série suggère surtout son lien de gardien avec Arthur.
Toujours le même look, en revanche. Un grand type musclé, costume bleu moulant, antennes sur la tête, énergie enfantine et ce cri absurde, « Spoooooon! ».
Même blague de départ, deux lectures très différentes
La version Fox joue la carte camp, presque sitcom, avec des épisodes d’une trentaine de minutes. Ce format lui va très bien. Patrick Warburton pousse à fond le côté tonitruant, naïf et un peu idiot du héros, sans jamais casser la parodie.
Celle de 2016 regarde ailleurs. Plus ancrée, plus feuilletonnante, elle se moque autant des super-héros que de la mécanique de la peak TV. The Tick y paraît moins extravagant, plus optimiste, presque candide, pendant que Arthur, incarné par Griffin Newman, sert de point d’ancrage émotionnel.
Ce que cet ajout raconte du streaming actuel
Ce retour sur Netflix vaut plus qu’un simple ajout de catalogue. Il remet sous les yeux du public deux séries qui n’avaient pas trouvé assez d’air pour durer, alors qu’elles comptent parmi les meilleures satires super-héroïques hors Marvel et DC.
Quand une plateforme recycle ainsi des titres trop vite sortis du radar, on voit aussi ce qu’est devenu le streaming. Un endroit où une annulation n’efface pas forcément une œuvre. Et pour The Tick, ça ressemble enfin à une vraie chance de briller.