L’IA de ChatGPT entre dans la gestion de votre argent

Image d'illustration. ChatGPTOpenAI / PR-ADN
ChatGPT propose désormais aux utilisateurs de connecter leurs comptes bancaires afin de les aider à gérer leurs finances personnelles.
Tl;dr
- OpenAI teste une nouvelle fonction dans ChatGPT Pro permettant de connecter ses comptes bancaires pour analyser ses dépenses et poser des questions financières.
- L’annonce déclenche une forte méfiance en ligne, beaucoup d’utilisateurs craignant pour la sécurité et l’usage potentiel de leurs données bancaires.
- Malgré des garanties techniques mises en avant (connexion via Plaid, contrôle utilisateur), des zones d’ombre persistent sur la gestion et la protection réelle des informations.
Un outil financier signé OpenAI sous le feu des critiques
L’annonce récente par OpenAI d’un nouveau service de gestion de finances personnelles dans ChatGPT n’a pas tardé à provoquer un véritable déferlement de réactions sur les réseaux sociaux. Cette fonctionnalité, actuellement en version test réservée aux abonnés américains de ChatGPT Pro, propose à ses utilisateurs de connecter leurs comptes bancaires afin d’obtenir une vision synthétique de leurs dépenses et de poser des questions sur leur situation financière. Mais très vite, la défiance s’est installée.
Scepticisme et inquiétudes autour de la protection des données
Sur X ou Reddit, les commentaires mettent presque unanimement en avant une grande méfiance : « Vous venez tout juste d’avoir un recours collectif pour avoir partagé des données avec Google et Facebook », note par exemple un internaute. Pour beaucoup, l’idée même de confier ses informations bancaires à une IA suscite l’incompréhension : « Qui serait assez fou pour donner ce niveau d’accès à OpenAI (ou à qui que ce soit) ? » Peut-être faut-il rappeler qu’un utilisateur va jusqu’à comparer la proposition à un « malware », illustrant le malaise persistant.
Si quelques voix soulignent néanmoins le potentiel du projet, certains évoquent une évolution notable du chatbot, passant du simple conseil au pilotage personnalisé, la majorité reste focalisée sur les risques : collecte massive d’informations, sécurité incertaine en cas de faille ou questionnements sur le futur usage commercial de ces précieuses données.
Fonctionnalités annoncées et garanties affichées
Mais qu’en est-il concrètement ? Selon OpenAI, il s’agit pour l’instant d’une expérimentation limitée où les utilisateurs peuvent relier leur compte via la plateforme sécurisée Plaid, déjà utilisée par plusieurs applications bancaires. Les promesses avancées sont claires :
- Sécurité renforcée : authentification double facteur possible.
- Contrôle utilisateur : possibilité de supprimer ou déconnecter ses données.
- Pseudo-anonymat : pas d’accès lors des conversations temporaires.
Pour autant, aucune indication n’est donnée quant à l’utilisation des données financières pour l’entraînement du modèle ou leur éventuelle revente à des tiers, ni sur les garanties offertes en cas de fuite massive.
L’épineuse question de la confiance numérique
Difficile dès lors pour OpenAI d’installer un climat serein autour d’un service aussi sensible. La société, déjà visée par une action collective concernant le partage involontaire d’informations personnelles avec les géants du web, doit convaincre qu’elle saura protéger ces nouveaux trésors numériques. Tant que persisteront flou juridique et incertitudes techniques, rares seront sans doute les utilisateurs prêts à franchir le pas vers ce nouvel horizon financier automatisé.