Le tout premier design de Spock aurait bouleversé l’équilibre de la série Star Trek d’origine

Image d'illustration. Star TrekParamount Pictures / PR-ADN
Le premier concept imaginé pour le personnage de Spock dans Star Trek différait radicalement de la version connue. Ce choix initial aurait profondément bouleversé l’équilibre et la dynamique de la série originale, modifiant son identité même.
Tl;dr
- Spock faillit être maquillé en rouge, puis en vert pâle.
- Ce choix a sauvé le personnage d’un aspect « démoniaque ».
- La sobriété du design a permis à Spock de devenir culte.
L’art subtil derrière le visage de Spock
À la genèse de Star Trek, peu auraient parié que le visage de Spock deviendrait l’une des images les plus reconnaissables du petit écran. Pourtant, derrière cette silhouette calme et ce regard acéré se cache un secret de fabrication qui aurait pu tout bouleverser. Si aujourd’hui les oreilles pointues et le teint verdâtre du Vulcain sont entrés dans la culture populaire, ils ne doivent leur existence qu’à un choix décisif, pris presque à la dernière minute, évitant à la série une erreur qui aurait pu être fatale.
Un alien… mais pas trop
Dans les premières esquisses de la série, l’équipe menée par Gene Roddenberry cherchait à traduire visuellement l’altérité de leur nouvel officier scientifique. La contrainte était double : limiter les coûts tout en marquant l’étrangeté du personnage. Les premières tentatives misaient sur un maquillage rouge vif – une façon simple et percutante de signaler au public que Spock n’était pas humain. Mais cette idée ingénieuse a vite montré ses limites techniques.
Le risque d’un Spock effrayant
Lorsque Leonard Nimoy se prêta aux essais avec ce maquillage écarlate, tout semblait fonctionner… jusqu’au passage sur les téléviseurs noir et blanc, encore majoritaires au milieu des années 1960. Sur ces écrans, son visage devenait sombre et inquiétant, effaçant toute subtilité d’expression pour ne laisser qu’un masque quasi démoniaque. À une époque où la peur du satanisme commençait déjà à hanter certains foyers américains, les dirigeants de NBC flairèrent le danger : difficile d’imaginer des parents accepter qu’un tel personnage côtoie leurs enfants.
Les risques identifiés étaient multiples :
- Détournement du message : Un aspect trop « diabolique » aurait éclipsé la philosophie d’ouverture de la série.
- Perte d’empathie : Les expressions nuancées de Nimoy disparaissaient sous le maquillage épais.
- Scepticisme du public : L’image campée aurait pu renforcer l’idée que la science-fiction se résumait à des monstres ridicules.
L’héritage d’une sobriété inattendue
La solution ? Abandonner le rouge pour une légère teinte verdâtre – subtile, mais efficace –, évoquant la fameuse physiologie vulcaine (le sang à base de cuivre). Grâce à ce compromis visuel, Spock est resté singulier sans jamais tomber dans l’excès. Ce choix a offert à Nimoy toute latitude pour exprimer, par son jeu nuancé et sa diction tranchante, les conflits internes du personnage.
Ironiquement, ce petit détail esthétique a sans doute contribué au succès tardif mais colossal de la série et à sa réhabilitation dans les années 1970. Aujourd’hui encore, c’est bien l’humanité profonde de Spock – et non son allure spectaculaire – qui fait vibrer des générations entières. Il faut croire qu’en matière de création télévisuelle, parfois, moins, c’est vraiment plus.