Il y a 21 ans, un chef-d’œuvre du cinéma adapté de comics hors Marvel et DC voyait le jour — sa suite, elle, a déçu

Image d'illustration. Sin CityDimension Films / PR-ADN
Il y a 21 ans jour pour jour, un film adapté d’une bande dessinée hors des univers Marvel et DC sortait en salles et marquait durablement les spectateurs. Sa suite, en revanche, n’a pas su convaincre le public ni la critique.
Tl;dr
- Sin City révolutionne l’adaptation de comics au cinéma.
- Son esthétique visuelle marque durablement le genre.
- La suite n’atteint pas l’impact de l’original.
Un tournant majeur pour les adaptations de comics
Il y a tout juste vingt-et-un ans, un film allait profondément bouleverser la perception des adaptations de bandes dessinées au cinéma, sans s’inscrire ni dans le giron de Marvel, ni dans celui de DC. À une époque où les blockbusters surpuissants du Marvel Cinematic Universe ou du DCEU semblaient dominer tout l’imaginaire collectif autour du « film de comics », une œuvre singulière s’est imposée en marge : Sin City, réalisée par Robert Rodriguez d’après la série néo-noire de Frank Miller.
L’audace d’une adaptation visuelle radicale
Loin des conventions super-héroïques, à l’image d’autres films atypiques comme Dredd ou encore le sulfureux Fritz the Cat, Sin City adapte trois récits phares issus des comics originaux (parus entre 1991 et 2000), plongeant le spectateur dans un univers sombre et labyrinthique. On y suit tour à tour un ex-taulard prêt à tout pour venger sa bien-aimée, un policier désabusé affrontant un tueur en série redoutable, et un détective privé défendant une communauté de prostituées contre la pègre et la police corrompue. Si ces histoires pourraient sembler classiques sur le papier, c’est par leur traitement graphique que le film rompt résolument avec ses prédécesseurs.
L’expérience Sin City : immersion et casting exceptionnel
En effet, rarement adaptation aura été aussi fidèle à son matériau d’origine : Rodriguez reproduit à l’écran les noirs profonds et les blancs éclatants des planches de Miller, créant une expérience quasi sensorielle qui évoque la lecture du comic. Au-delà de cette prouesse esthétique, c’est également par son casting hors norme que le film impressionne : Jessica Alba, Bruce Willis, Clive Owen, Rosario Dawson ou encore Elijah Wood s’y croisent dans un ballet de personnages torturés.
Voici quelques éléments qui ont fait date :
- L’usage novateur de la photographie numérique pour coller à l’esthétique BD.
- L’approche narrative fragmentée héritée des anthologies noires.
- L’audace d’un ton adulte peu courant dans le genre à Hollywood.
Le revers d’une influence majeure
Toutefois, ce triomphe ne s’est pas répété lors de la sortie tardive du second volet, Sin City : A Dame to Kill for, en 2014. Malgré une distribution alléchante (de Josh Brolin à Eva Green), la magie n’opère plus vraiment. La lassitude gagne même certains critiques qui reprochent au film sa longueur et une écriture jugée immature. Mais surtout – voilà qui est paradoxal – les codes visuels alors révolutionnaires ont été largement réutilisés entre-temps par d’autres succès tels que The Dark Knight ou 300, ôtant ainsi au retour de Sin City une partie de sa singularité originelle.
Difficile aujourd’hui d’oublier l’apport décisif de ce chef-d’œuvre noir, dont l’influence continue encore d’irriguer l’univers du blockbuster contemporain.