En bref
- Avec leurs finitions premium, les Googlebooks ambitionnent de rivaliser avec les meilleurs ultraportables du marché.
- Leur expérience logicielle reste pourtant en retrait, notamment pour les applications et la productivité.
- Google devra encore améliorer son système pour justifier des tarifs aussi ambitieux.
Le vrai problème, c’est le ticket d’entrée. Un Googlebook démarre autour de 827 euros (899 dollars), et la plupart passent largement la barre des 920 euros (1000 dollars). À ce niveau, on ne compare plus ça à un petit Chromebook sympa, mais à un MacBook Air ou à un bon PC Windows. Et là, l’OS n’a plus le droit d’être en bêta déguisée.
Des machines premium, donc jugées comme telles
Côté matos, il n’y a pas grand-chose à dire. L’ASUS Googlebook 14 testé surtout ici, autour de 1194 euros (1299 dollars), coche les cases du portable haut de gamme, fin, léger, écran OLED mat, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage, puce Intel Core Ultra 5. Les modèles Acer, HP et Dell suivent la même logique, avec une impression globale sérieuse. Petit plus relevé sur le HP Googlebook 14 sous Snapdragon X Elite, qui semble un peu plus sage sur la batterie et les ventilateurs.
Une prise en main familière, avec quelques coupes étranges
Dès l’installation, Google pousse le duo portable plus smartphone. On peut configurer la machine avec un appareil Android, voire un iPhone ou un iPad, récupérer le compte, le Wi-Fi, certaines données et des apps. C’est fluide, franchement bien vu.
Une fois sur le bureau, on retrouve un air très net de ChromeOS. Barre des apps en bas, raccourcis vers Chrome, Gemini, Gmail et compagnie, tutoriel de démarrage assez malin. Mais la date, les notifications et les réglages montent en haut de l’écran, et quelques fonctions pratiques disparaissent, comme le calendrier lié à l’heure ou l’accès rapide aux fichiers épinglés et récents. Pas dramatique. Mais pas malin non plus.
Le navigateur et les apps trahissent un OS pas fini
Le plus gênant arrive dans Chrome. Les groupes d’onglets synchronisés entre desktop, Android et iOS n’apparaissent pas sur Googlebook, alors qu’ils doivent arriver plus tard. Même sensation de produit pas terminé avec les web apps, impossibles à installer proprement au début avant qu’une mise à jour de Chrome corrige ça.
Pour les apps, on retombe sur les vieux soucis d’Android grand écran. Slack en version mobile reste trop limitée, là où sa version desktop ou même iPad fait bien mieux. Tout n’est pas raté, heureusement, Todoist, Spotify ou Adobe Lightroom s’en sortent bien, et les apps maison comme Google Photos, Calendar ou Keep ont progressé. Mais oubliez des outils comme Adobe Premiere ou Logic Pro. Pour le jeu, même combat, quelques titres du Play Store tournent, et un an de GeForce Now Fast Pass avec 50 heures mensuelles aide un peu, sans transformer ça en machine gaming.
L’intégration Android est la vraie nouveauté, pas encore le game changer
Là, il y a une vraie idée. Depuis la barre des tâches, on peut lancer sur le portable des apps présentes sur son téléphone, dans une fenêtre redimensionnable, pour suivre un trajet Lyft, piloter Sonos ou vérifier une commande DoorDash. On peut aussi reprendre un brouillon Gmail ou un onglet Chrome commencé sur mobile. Quand ça marche, c’est propre. Quand le raccourci ne s’affiche pas, beaucoup moins.
Le téléphone apparaît aussi dans l’app Fichiers comme un disque classique. Et Google a même pensé à iOS avec Link to iOS, qui récupère les messages SMS, RCS et iMessage. Sauf que les groupes ne suivent pas, l’historique reste incomplet et les images ne passent pas. Bref, c’est là, mais ce n’est pas encore la fête.
Gemini a de bonnes idées, mais pas encore de « killer feature »
Le volet IA repose surtout sur Gemini. Magic Pointer permet de sélectionner des zones d’écran pour lancer des actions contextuelles, Rambler nettoie une dictée vocale, et des widgets peuvent être générés à la demande. L’idée est bonne, surtout pour Magic Pointer, même si l’usage quotidien n’a rien d’évident. Et quand un widget météo annonce un coucher de soleil absurde dans le Massachusetts, vous voyez vite la limite.
Le constat reste assez simple. Le matériel donne envie, l’intégration avec Android a du potentiel, mais aujourd’hui Googlebook n’offre pas assez face à un Mac ou un PC Windows au même prix. La base est là. Le produit, lui, attend encore sa vraie version 1.0.