Flashpoint : la puissance des comics diluée à l’écran

Image d'illustration. ArrowverseThe CW / PR-ADN
Les choix scénaristiques de l’Arrowverse et du DCEU ont privilégié le spectacle sur la portée intime de l’histoire.
Tl;dr
- Flashpoint a été adapté de manière très libre, souvent au détriment de la profondeur dramatique des comics.
- Dans l’Arrowverse, les changements rapides et la remise à zéro de l’intrigue minimisent les conséquences des actions de Barry.
- Dans le DC Extended Universe, les voyages temporels sont noyés sous des caméos et effets spectaculaires, diluant le drame personnel du héros.
Le défi d’adapter Flashpoint
Il est difficile de passer à côté de l’importance de Flashpoint dans l’univers DC. Pourtant, sur le petit comme sur le grand écran, rares sont ceux qui en tirent toute la puissance narrative. En adaptant cette intrigue mythique, tant l’Arrowverse que le DCEU ont pris des libertés majeures, quitte à dérouter les fans.
Une version expéditive et frustrante
Du côté de l’Arrowverse, le scénario de base dévie très tôt des comics. Dès la première saison de The Flash, on sent que les créateurs n’hésitent pas à remodeler personnages et arcs : Oliver Queen, par exemple, adopte un comportement bien plus sombre que son alter ego papier, flirtant parfois avec le style de Batman. De même, l’intrigue autour du Reverse-Flash – se faisant passer pour Harrison Wells – ou encore l’introduction d’Eddie Thawne, absent des bandes dessinées originales, témoignent d’un goût certain pour la réinvention.
Mais c’est avec l’adaptation du fameux « Flashpoint » que les limites se font cruellement sentir. Après une série d’épreuves personnelles — trahison de Jay Garrick/Hunter Zolomon alias Zoom, meurtre du père de Barry — ce dernier choisit in extremis de sauver sa mère en remontant le temps. Cette décision bouleverse tout… mais trop brièvement. Dès le début de la saison 3, Barry découvre un nouveau monde où il vit heureux avec ses parents — un rêve vite transformé en cauchemar à cause d’un speedster rival. L’équipe scénaristique opère alors un retour précipité à la normale ; la gravité du geste s’efface derrière quelques échanges émouvants et des changements secondaires. On attendait une remise en question profonde, on hérite d’une parenthèse vite refermée.
Entre caméos et perte de sens
L’adaptation cinématographique dans le DCEU, elle aussi attendue au tournant, subit un sort similaire mais pour d’autres raisons. Si The Flash, incarné par Barry Allen, conserve d’abord cet espoir lumineux absent chez Superman ou Batman, tout bascule lors de son propre voyage temporel. Ici encore, les conséquences s’avèrent dramatiques… mais très vite noyées sous une avalanche de clins d’œil et de retours spectaculaires — Michael Keaton ressuscitant son rôle iconique de Batman ou encore l’apparition tonitruante du général Zod (Michael Shannon). Ce qui aurait pu être un drame intime sur la culpabilité se dissout alors dans un festival visuel où le personnage principal passe au second plan.
Pour résumer les choix hasardeux opérés par les deux franchises :
- Libertés scénaristiques nombreuses mais rarement payantes ;
- Bouleversements personnels minimisés pour mieux servir l’action ;
- L’essence dramatique du récit sacrifiée au profit du spectacle.
Et maintenant ?
Peu probable qu’un nouvel essai soit tenté avant longtemps tant ces deux tentatives ont laissé un goût amer aux fans. Reste que le destin mouvementé du Scarlet Speedster regorge d’autres intrigues à explorer… Espérons simplement qu’elles seront traitées avec plus de finesse et moins de précipitation.