Colin Farrell face au désastre : l’épopée ratée d’Alexander

Image d'illustration. AlexanderWarner Bros. Pictures / PR-ADN
Il y a vingt ans, Colin Farrell était à l’affiche du film Alexander d'Oliver Stone qui s’est soldé par un échec commercial retentissant.
Tl;dr
- Malgré un budget immense et un casting prestigieux, le film Alexander s’est révélé un échec critique et commercial dès sa sortie.
- Son ambition titanesque — tournages internationaux, volonté d’authenticité, scènes de bataille spectaculaires — s’est heurtée à une narration confuse et à plusieurs polémiques.
- Le flop financier a été tel que même les multiples remontages d’Oliver Stone n’ont jamais réussi à redorer l’image du projet, devenu un symbole de la surenchère hollywoodienne.
Un rêve d’ampleur à la déroute cuisante
En 2004, Oliver Stone rêvait grand avec son biopic historique sur Alexandre le Grand. Après l’immense succès de Gladiator, tout semblait indiquer que Hollywood était prêt à accueillir un nouveau péplum d’envergure. La distribution réunissait des pointures telles que Colin Farrell, Angelina Jolie, Val Kilmer ou encore Anthony Hopkins. Doté d’un budget colossal de plus de 155 millions de dollars, soit l’équivalent aujourd’hui de près de 255 millions, Alexander avait tous les ingrédients du triomphe annoncé.
Pourtant, la réalité s’est avérée bien différente. Comme l’a confié récemment Colin Farrell, toute l’équipe pensait déjà aux Oscars : « Nous avions tous nos smokings prêts. Je ne plaisante même pas… C’était dans la poche. Et puis le film est sorti ». L’euphorie a vite laissé place au désenchantement, lorsque le film s’est heurté à une vague de critiques acerbes et à un accueil glacial en salle.
L’ambition sans limites… ni garde-fous
Le projet fut titanesque : tournages sur trois continents, reconstitution fastidieuse des batailles antiques avec l’appui d’experts tels que l’historien Robin Lane Fox, et utilisation massive d’animaux exotiques. La volonté d’authenticité se heurtait toutefois à une narration confuse et des libertés prises avec l’histoire réelle, suscitant la polémique jusqu’en Grèce sur la représentation de la sexualité d’Alexandre. Malgré une équipe technique reconnue pour sa rigueur, la fresque peinait à convaincre. Même les scènes de combat saluées pour leur réalisme n’ont pas suffi à sauver le long-métrage.
Bilan financier désastreux et réception mitigée
La sortie américaine fut un véritable camouflet : Alexander ne récolta que 13,6 millions de dollars lors du premier week-end, avant de s’effondrer face à la concurrence. Au terme de son exploitation mondiale (167 millions au total), les pertes furent considérables pour les studios impliqués, Warner Bros. Pictures en tête. Aucun Oscar ne viendra rattraper ce naufrage ; le film devint rapidement le symbole du risque inconsidéré pris par certains studios face à des budgets galopants.
L’après-coup : révisions multiples et leçons amères
Si le réalisateur tenta par la suite plusieurs remontages (Director’s Cut ou Ultimate Cut), espérant réhabiliter son œuvre auprès du public vidéo, jamais Alexander n’aura su effacer l’amertume initiale. Ce fiasco met en lumière plusieurs failles structurelles propres à Hollywood :
- Surenchère budgétaire : budgets faramineux rarement amortis.
- Mimétisme aveugle : tenter de répéter un succès tel que Gladiator est périlleux.
- Dépendance au marché vidéo : qui n’offre plus aujourd’hui le même filet de sécurité qu’en 2004.
En définitive, cette épopée rappelle cruellement combien copier une formule gagnante relève trop souvent d’une illusion risquée — surtout lorsque la vision artistique vacille sous le poids des attentes financières.