En bref
- Trois reboots dépassent leurs modèles des années 1980
- Ils gardent l’esprit, mais enrichissent rythme et univers
- DuckTales, Voltron et My Little Pony ressortent du lot
Les années 1980 ont laissé des cartoons cultes. Mais la nostalgie raconte seulement la moitié de l’histoire. Avec le recul, certains reboots ont pris les mêmes briques, fantasy, science-fiction, énergie pop, et en ont tiré des séries plus solides, mieux écrites, parfois franchement plus ambitieuses.
La nostalgie ne suffit plus
À l’époque, le mélange était explosif. L’influence de Le Seigneur des anneaux, de Conan le Barbare, de Star Wars, de Star Trek ou encore de Super Dimension Fortress Macross croisait une télévision jeunesse alors bien moins contrainte côté publicité. Résultat, une vague de dessins animés tapageurs, bardés d’épées, d’espace, de paillettes et de leçons de morale glissées face caméra.
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est autre chose. Les meilleures relectures récentes n’essaient pas juste de reproduire cette surenchère visuelle. Elles comprennent ce qui fonctionnait, puis elles poussent plus loin le rythme, les personnages et surtout la construction d’univers.
DuckTales a gardé l’esprit, pas la raideur
La série de 1987 partait de l’univers BD de Disney et suivait Riri, Fifi et Loulou avec leur oncle Picsou, obsédé par sa fortune. Le reboot de 2017 reste très proche de cette base, avec les mêmes personnages, le même goût pour l’aventure épisodique, des références littéraires et une galerie d’ennemis assez bigarrée.
Mais il ne tourne pas en rond. Grâce aux progrès de l’animation et à une vision plus actuelle du récit d’aventure, DuckTales accélère ses scènes d’action, sans sacrifier les dialogues ni les arcs émotionnels. La famille, l’amitié et les conséquences plus dures liées aux vieux secrets familiaux prennent enfin de l’épaisseur.
Voltron a cessé de regarder dans le rétroviseur
Avant d’être Voltron, c’était le bien plus sombre Beast King GoLion, un anime japonais largement remonté et réécrit pour le public américain. Pour pas mal de spectateurs, ce fut une première porte d’entrée vers le mecha, ces récits centrés sur des robots géants pilotés.
La version 2016-2018, Voltron: Legendary Defender, ne se contente pas de prolonger l’ancienne série. Elle repart de zéro et fabrique son propre canon en mêlant la version japonaise, la version américanisée et d’autres influences venues du mecha et de la space fantasy des années 1980 et d’après. Le résultat tient quand même sacrément bien, avec des combats spatiaux très nerveux, des affrontements au corps-à-corps maîtrisés, un cadre interplanétaire vivant et de vraies montées d’angoisse émotionnelle.
My Little Pony a bâti bien plus qu’un décor
La série originale de 1986-1987 suivait des poneys pastel dans Ponyland, au fil de rencontres magiques et de petites leçons de vie. My Little Pony: Friendship Is Magic, diffusée de 2010 à 2019, reprend cette formule, puis l’étire sur dix ans.
Et là, l’écart devient énorme. Le royaume d’Equestria gagne une carte complète, plusieurs villes, d’innombrables peuples, des zèbres aux griffons en passant par les changelings et les kirins. S’ajoutent une histoire longue de siècles, voire de millénaires, un gouvernement, des fêtes, un cycle des saisons, une mythologie, de la musique et même parfois une divinité. En gros, un simple cartoon épisodique sur des chevaux devient un vrai monde. Et c’est sans doute ce qui dit le plus sur l’évolution des reboots, ils ne cherchent plus seulement à réveiller un souvenir, ils veulent donner plus à habiter.