Carrefour parie sur l’IA pour réaliser un milliard d’euros d’économies

Image d'illustration. Hypermarché CarrefourADN
Grâce à l’intelligence artificielle et aux agents virtuels, Carrefour veut automatiser ses magasins et simplifier les courses.
Tl;dr
- Carrefour vise 25% de parts de marché d’ici 2030 et prévoit un milliard d’euros d’économies annuelles pour améliorer sa rentabilité.
- L’enseigne mise sur l’automatisation et l’innovation, avec IA, étiquettes électroniques et partenariats technologiques pour gagner en productivité.
- L’offensive sur le frais se renforce, avec de nouveaux magasins spécialisés et collaborations pour séduire les consommateurs, malgré un bénéfice net en forte baisse en 2025.
Des objectifs ambitieux à l’horizon 2030
Pour les prochaines années, le groupe Carrefour affiche des ambitions inédites, avec en ligne de mire une hausse de ses parts de marché, qui passeraient de 21,4% à 25% à l’horizon 2030. Si la barre est haute, elle s’accompagne d’un impératif de taille : générer chaque année un milliard d’euros d’économies. Cette stratégie a été dévoilée dans le courant de la semaine par Alexandre Bompard, aux commandes du distributeur français depuis 2017. Il évoque un plan « radicalement tourné vers la croissance et l’amélioration de la rentabilité ».
Automatisation et innovations technologiques
Face à la concurrence, notamment celle du géant américain Walmart, Carrefour s’engage dans un vaste chantier technologique. Un partenariat industriel vient d’être conclu avec Vusion, prévoyant le déploiement massif d’étiquettes électroniques, de rails connectés et de caméras dans tous ses supermarchés et hypermarchés en France. L’investissement dépassera les 150 millions d’euros sur la durée du plan. D’ailleurs, plusieurs axes vont permettre ces gains attendus :
- Simplification des sièges.
- Gains aux achats marchands, grâce notamment à l’alliance Concordis avec Coopérative U.
- Productivité accrue par l’IA.
Un partenariat déjà annoncé avec Google doit aussi offrir aux clients la possibilité de faire leurs courses via des agents IA, comme Gemini.
L’offensive sur le frais prend forme
Un autre virage stratégique concerne l’offre « frais », cœur des nouvelles attentes des consommateurs. Pour contrer la montée du rival Grand Frais, l’enseigne prévoit de transformer certains hypermarchés afin qu’ils deviennent des spécialistes du « frais et du discount », à l’image du concept « Marché Frais by Carrefour ». Objectif affiché : ouvrir dix magasins d’ici à six ans, dont sept opérés en franchise avec le groupe francilien Marché Frais. À cela s’ajoute le développement des magasins Match – rachetés récemment au groupe Louis Delhaize – qui devraient passer au modèle spécialisé « frais », avec une projection à 160 unités (+40%) en 2030.
Par ailleurs, une collaboration est prévue avec le groupe Blachère pour déployer près de deux cents concessions Fruits & Légumes dans les grands magasins.
Bilan financier contrasté en 2025
Si les perspectives sont résolument tournées vers la croissance, le dernier exercice n’a pas été sans turbulence. En effet, en 2025, le bénéfice net du distributeur a fondu de moitié pour atteindre seulement 319 millions d’euros — conséquence directe de la cession des activités italiennes. Toutefois, le chiffre d’affaires global (taxes et carburant inclus) a légèrement progressé pour s’établir à 91,5 milliards d’euros (+1,2%). Une dynamique modeste mais stable qui pose les jalons du renouveau visé par Carrefour.