Ben-Hur : un blockbuster moderne qui n’a pas trouvé son public

Avec seulement 94 millions de recettes mondiales, le remake de Ben-Hur signe un revers cuisant pour ses producteurs.

Ben-Hur
Image d'illustration. Ben-Hur — Paramount Pictures / PR-ADN

Tl;dr

  • Le remake de Ben-Hur visait un pari ambitieux mais n’a pas réussi à égaler le chef-d’œuvre de 1959.
  • Malgré un budget colossal et des effets spéciaux modernes, le film souffre d’une réalisation hésitante et d’un casting manquant de charisme.
  • Entre critiques sévères et faible box-office, cette adaptation échoue à séduire le public et les amateurs de péplum.

Un pari risqué pour une légende hollywoodienne

Lorsque la nouvelle adaptation de Ben-Hur a débarqué sur les écrans en 2016, beaucoup s’interrogeaient sur la pertinence de relancer ce monument du cinéma. Certes, le roman de Lew Wallace, paru en 1880, n’a jamais manqué d’attirer l’attention des studios. Pourtant, malgré une ambition évidente et un budget colossal de cent millions de dollars, cette version contemporaine n’a pas su rééditer l’aura de ses illustres prédécesseurs — à commencer par le chef-d’œuvre signé William Wyler en 1959.

Les écueils d’un remake au 21ème siècle

Dans un paysage cinématographique saturé par les blockbusters et dominé par les superproductions, le choix de revisiter un épique biblique semblait logique. Mais voilà : la concurrence était rude, l’année ayant déjà vu défiler des mastodontes comme Captain America: Civil War. Le nouveau Ben-Hur, malgré son souci du détail dans les décors et les effets spéciaux, souffre d’une réalisation hésitante signée Timur Bekmambetov. Caméra à l’épaule souvent maladroite, montage précipité : on est loin de la majesté tranquille du film original. La scène emblématique de la course de chars — recréée avec toute la technologie moderne — manque cruellement de souffle comparée à celle orchestrée par Wyler, qui reste inégalée dans l’histoire du septième art.

L’humain face au mythe

Ce nouvel opus mise davantage sur l’affrontement personnel entre Ben-Hur (incarné ici par Jack Huston) et Messala (Toby Kebbell). D’un côté, on loue la subtilité de leur jeu ; d’un autre, force est d’admettre qu’aucun des deux ne possède le charisme légendaire d’un Charlton Heston. Le film creuse davantage les relations familiales et fraternelles mais abandonne presque tout mystère ou ambiguïté psychologique — quand bien même il tente d’ancrer l’intrigue dans des enjeux modernes d’identité et de trahison.

Une liste succincte permet de cerner les éléments qui ont joué contre le film :

  • Lourde comparaison avec le classique indétrônable.
  • Casting sans véritable tête d’affiche internationale.
  • Difficulté à renouveler le genre du péplum.

Des choix scénaristiques clivants et une réception glaciale

En voulant s’adresser à la fois aux amateurs d’action et au public chrétien, Ben-Hur version 2016 se perd un peu entre deux eaux. Si Jésus est plus présent à l’écran que dans le film précédent (jusqu’à être interprété par Rodrigo Santoro, adoubé par le pape François), il reste cantonné à un rôle secondaire qui brouille parfois le propos initial. Loin des envolées spirituelles ou poétiques attendues, la narration se veut directe mais laisse peu de place à l’émotion.

Au final, ni la performance solide des acteurs ni les efforts visuels n’ont suffi : avec seulement 94 millions récoltés dans le monde pour cent millions investis, Ben-Hur signe un revers cuisant pour ses producteurs (MGM, Paramount). Critiques sévères (25% sur Rotten Tomatoes) et public indifférent n’auront laissé aucune chance à ce remake ambitieux mais désincarné.

Jordan Servan

Spécialiste Pop Culture

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

X LinkedIn Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Films

Lisez Begeek en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.