En bref
- Le final réveille enfin la série
- Le deuil a longtemps ralenti l’intrigue
- La saison 2 devient plus attendue
Le plus frappant avec The Madison, c’est presque son timing. Il faut attendre le final pour voir apparaître la série que beaucoup espéraient depuis le début.
Un final qui change la perception de la saison
Pendant plusieurs épisodes, la création de Taylor Sheridan s’enferme dans une douleur épaisse, parfois au point de bloquer son propre élan. Puis le dernier épisode arrive, et le ton bouge enfin. Les tensions prennent plus de place, l’humour noir perce par moments, et l’ensemble retrouve un vrai souffle dramatique.
Ce réveil tardif compte, parce qu’il recadre tout ce qu’on a vu avant. La série ne devient pas soudainement plus simple, mais elle paraît enfin prête à avancer.
Le pari risqué de Taylor Sheridan
Avec The Madison, Taylor Sheridan s’éloigne clairement de ce que les fans associaient à Yellowstone. Exit le néo-western nerveux teinté de soap, place à une famille brisée par la disparition de son patriarche, Preston Clyburn, joué par Kurt Russell.
Le choix a de quoi surprendre. Au lieu de courir après le conflit, la série s’attarde sur le deuil, sur la sidération, sur les silences. C’est cohérent, même assez courageux, mais vous sentez vite le prix à payer côté rythme.
Une série superbe, mais freinée par ses longueurs
Visuellement, il y a peu à redire. Le Montana est filmé avec un vrai sens du cadre, presque poétique, et le clin d’œil à A River Runs Through It dès l’ouverture n’a rien de discret. L’ensemble a même une élégance assez rare.
Et puis il y a Michelle Pfeiffer, très juste dans le rôle de Stacy Clyburn. La sincérité émotionnelle fonctionne, les acteurs tiennent la série, les décors aussi. Mais quatre épisodes avant de sentir une évolution réelle, c’est long, surtout entre les funérailles et le passage par New York. On peut franchement se demander si cette matière n’aurait pas gagné à être plus condensée.
Ce que le dernier épisode met en place
Le déclic vient notamment de l’arrivée du thérapeute Dr Phil Yorn, interprété par Will Arnett. Sa présence bouscule la famille et ouvre enfin des scènes moins plombées. Stacy Clyburn lui balance même, avec un mordant inattendu, « Je parie que vous les aimez jeunes, espèce de salaud tordu ».
Autour de la veillée funèbre, d’autres lignes bougent aussi. L’alchimie entre Abi et Dr Phil Yorn fait naître une jalousie qui menace la relation en construction avec le shérif Van Davis. Résultat, The Madison finit par promettre ce qu’elle retenait jusque-là, des conflits plus vifs, un équilibre plus fin entre douleur et tension, et une vraie raison d’attendre la suite.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi le final change autant la perception de la série ?
Parce qu’il ne se contente pas de conclure. Il réoriente la dynamique. Jusqu’ici, The Madison restait surtout collée au chagrin familial. Le dernier épisode remet du mouvement, donc du désir de continuer.
La série est-elle très différente de Yellowstone ?
Oui, nettement. Là où Yellowstone est associé à une narration plus nerveuse et plus frontale, The Madison choisit l’intime, la perte et une progression lente. C’est le même créateur, mais pas du tout la même promesse immédiate.
Qu’est-ce qui a surtout pu frustrer une partie du public ?
Le rythme. La série prend son temps sur les funérailles, sur le retour à New York, sur les effets du deuil. Ce n’est pas un défaut automatique, mais ici cette lenteur a pu donner une impression d’étirement.
Pourquoi parle-t-on déjà de la saison suivante ?
Parce que le final agit comme une rampe de lancement. Les jalousies, les nouveaux rapports de force et l’arrivée de Dr Phil Yorn posent des pistes plus tendues, plus ouvertes, donc plus feuilletonnantes.