En bref
- Bungie est accusé d’avoir piraté un PC
- AimJunkies parle aussi d’une violation du DMCA
- Le conflit judiciaire autour de Destiny 2 se durcit
Le dossier se retourne. Après avoir attaqué AimJunkies l’an dernier, Bungie doit maintenant répondre à des accusations très lourdes portées par le vendeur d’outils de triche lié à Destiny 2.
Le dossier change brutalement de sens
Selon la nouvelle offensive judiciaire repérée par TorrentFreak, AimJunkies affirme que Bungie a pénétré illégalement l’ordinateur d’un associé. L’entreprise va plus loin et soutient aussi que le studio a enfreint le DMCA en contournant les protections de cette machine. En gros, on n’est plus seulement dans un litige classique autour de la triche, mais dans une accusation d’intrusion informatique visant directement le développeur.
Le point clé, c’est la période visée
Ce qui compte ici, c’est la date. L’actuel Limited Software License Agreement de Bungie autorise le logiciel BattlEye à scanner les ordinateurs pour repérer des outils liés à la triche. Sauf que, d’après AimJunkies, cette base contractuelle n’existait pas en 2019, au moment où les faits auraient commencé.
Le dossier déposé par l’entreprise affirme que Bungie a accédé à plusieurs reprises à un ordinateur appartenant à son associé James May, entre 2019 et 2021. Et ce n’est pas tout. Le plaignant soutient aussi que des informations tirées de ces accès auraient servi à collecter des données sur d’autres suspects potentiels. Là, le contraste est assez rude : un studio qui lutte contre la triche, oui, mais accusé de franchir lui-même la ligne.
Une accusation miroir, et ce n’est pas anodin
Phoenix Digital, la société derrière AimJunkies, ajoute un autre grief. Elle affirme que Bungie a acheté le logiciel d’AimJunkies pour en faire de la rétro-ingénierie et examiner son code source, ce qui violerait ses propres conditions d’utilisation.
C’est presque le cœur du dossier. Pourquoi ? Parce que Bungie reprochait justement une tactique similaire à l’entreprise dans sa plainte d’origine. Le genre de symétrie qui complique vite la lecture du conflit, et qui donnera forcément du poids à la bataille sur les preuves.
Ce que réclament AimJunkies et Phoenix Digital
Au bout de cette contre-attaque, James May et Phoenix Digital demandent des dommages et intérêts. Ils veulent aussi que cessent définitivement les hacks allégués et les violations du DMCA qu’ils imputent à Bungie.
Pour l’instant, Bungie n’a pas souhaité commenter l’affaire. Résultat ? Un bras de fer déjà sensible autour de Destiny 2 prend une tournure bien plus risquée, parce qu’il ne s’agit plus seulement de cheats, mais aussi de méthodes employées pour les traquer.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi le DMCA apparaît-il dans cette affaire ?
Le DMCA est une loi américaine souvent associée au droit d’auteur, mais elle couvre aussi le contournement de certaines protections techniques. Ici, l’accusation ne porte donc pas sur une simple copie de logiciel. Elle vise l’idée qu’un dispositif de sécurité aurait été forcé pour accéder à une machine.
Quel rôle joue BattlEye dans le dossier ?
BattlEye est l’outil de détection mentionné dans la licence logicielle actuelle de Bungie. Le point litigieux, c’est moins son existence que le cadre légal ou contractuel dans lequel il aurait pu être utilisé avant la version actuelle de cette licence.
Pourquoi la période 2019-2021 est-elle si importante ?
Parce qu’elle sert à tester l’argument central d’AimJunkies. Si les accès reprochés ont bien eu lieu avant l’encadrement actuel, la défense liée au consentement de l’utilisateur devient tout de suite plus fragile. C’est souvent là que ce type d’affaire bascule.
Est-ce que cette contre-attaque annule la plainte initiale de Bungie ?
Non. Elle ajoute un second front judiciaire. Les accusations de triche et celles d’intrusion peuvent avancer en parallèle, avec des conséquences différentes selon les preuves retenues par la justice.