Rakuten France : l’ex-PriceMinister pourrait fermer ses portes

Image d'illustration. RakutenRakuten / PR-ADN
Confrontée à de lourdes difficultés financières, la plateforme d’e-commerce Rakuten France est actuellement en vente. L’issue du processus pourrait mener à une fermeture définitive, marquant la fin d’une ère pour ce pionnier du secteur.
Tl;dr
- Rakuten France envisage une cession ou une fermeture possible de sa marketplace d’ici fin 2026 faute de repreneur.
- Malgré des investissements et une modernisation, la plateforme enregistre une forte baisse de ses utilisateurs et de son trafic depuis dix ans.
- Face à une concurrence intense, Rakuten se recentre sur d’autres activités mondiales plus rentables comme les télécoms et les services numériques.
Un avenir incertain pour Rakuten France
La filiale française du géant japonais Rakuten, autrefois connue sous le nom de PriceMinister, traverse une passe délicate. La direction a confirmé à l’AFP qu’un projet de cession était officiellement à l’étude, tout en admettant qu’en l’absence de repreneur solide, la fermeture du site d’e-commerce en France pourrait s’imposer dès le troisième trimestre 2026. Cette annonce, relayée par le magazine Capital, jette une ombre sur l’avenir des 180 salariés concernés.
Une érosion marquée malgré les investissements
Depuis le rachat en 2010 par le groupe japonais Rakuten, l’ex-PriceMinister a multiplié les efforts pour dynamiser sa plateforme française : investissements constants, modernisation technique et intégration de solutions basées sur l’intelligence artificielle. Pourtant, ces initiatives n’ont pas suffi à enrayer une chute régulière de ses indicateurs clés. La direction évoque ainsi une baisse spectaculaire du nombre de clients, environ -33% en dix ans, accompagnée d’une dégringolade du trafic (-42%) sur la même période.
Lourde concurrence sur un marché mouvant
Le modèle généraliste de la marketplace, appareils électroniques, vêtements, jouets ou mobilier, peine à résister face à une concurrence internationale féroce et un secteur du commerce en ligne toujours plus exigeant. Constatant cette dynamique défavorable, la direction a présenté aux représentants du personnel dès début avril son projet de cession ou d’arrêt total de l’activité marketplace française.
Les perspectives pour les salariés s’annoncent donc incertaines. Trois scénarios restent envisageables :
- Cession des activités à un repreneur français ou international.
- Poursuite d’investissements dans un nouveau cadre.
- Ou bien fermeture pure et simple du site dès 2026.
Redéploiement stratégique global pour Rakuten
Dans ce contexte difficile, Rakuten réoriente ses priorités stratégiques. Le groupe met désormais l’accent sur des secteurs porteurs comme les télécommunications avec Rakuten Symphony, les contenus numériques (Rakuten Kobo) ou encore son application de communication Rakuten Viber. Ce recentrage s’inscrit dans une logique globale : employant plus de 25.000 personnes dans 30 pays, le groupe revendique un chiffre d’affaires annuel supérieur à 11 milliards d’euros.
« Ce projet s’inscrit dans un contexte de déclin de l’activité depuis une dizaine d’années, malgré les efforts et investissements continus du groupe Rakuten en France », souligne la direction locale. À quelques mois d’une décision cruciale pour son avenir hexagonal, Rakuten France joue aujourd’hui sa survie sur le marché ultra-concurrentiel du e-commerce européen.